par Admin

Publié le 18 novembre 2004 dans Etudes postales

cc L'Adresse Musée de La Poste

cc L'Adresse Musée de La Poste

La poste est l’une des plus anciennes activités organisées par les hommes dans le domaine de l’intermédiation.

La poste, des origines à demain

Un panorama sommaire de l’histoire postale (1) permet en tout cas de faire apparaître la quasi-totalité des éléments qui constituent aujourd’hui encore la problématique postale, à tous points de vue : économique, social, politique.

Messager : royal, universitaire, municipal

Au Moyen Age, les vestiges de la poste impériale romaine centralisée disparaissent pour laisser place à une multitude de petites liaisons non reliées entre elles.

Les ordres religieux disposent de leur propre corps de messagers. Les messagers de ville vont à pied tandis que rois et grands seigneurs ont recours à des chevaucheurs. Ces derniers sont porteurs d’épîtres mais aussi ambassadeurs de leur maître, ce qui leur confère une dignité certaine, d’autant qu’ils « chevauchent ». Saint-Louis dispose ainsi de seize chevaucheurs, le pape Jean XXII en utilise, en 1316, vingt-neuf. Les messagers sont payés à la course.

Tandis que des messagers privés proposent leurs services à partir du IXe siècle, ce n’est qu’au XVe siècle que les chevaucheurs du roi commencent à se charger de lettres provenant d’autres expéditeurs.

Au milieu du XIIIe siècle, naît à Paris la poste universitaire. En 1383, une ordonnance de Charles VI stipule que chaque diocèse sera desservi par un messager d’université. Ces messagers jouissent d’une bonne rémunération, fixée devant notaire, et sont exemptés de taille, droits d’octroi et autres taxes. Il existe aussi des messagers municipaux, dont la fonction se confond à l’origine avec celle d’huissier ou de crieur public. A Strasbourg, au début du XIVe siècle, la municipalité emploie deux « messagers coureurs » en uniforme, aux couleurs de la ville. Ils sont « jurés » et prêtent donc serment de discrétion. Profession vulnérable : ils sont souvent volés ou emprisonnés pour être départis de leurs messages.

Genèse de la poste d’État

A cent ans d’intervalle, deux postes voient le jour, poste aux chevaux et poste aux lettres. La première est constituée de relais de poste. La seconde permet le portage de correspondances. Le maître de poste est un chevaucheur sédentarisé. La poste aux chevaux provient de la séparation des chevaucheurs du roi en deux corps distincts : les « courriers de cabinet », courriers royaux, et les « postes assises », à l’origine, des relais installés toutes les sept lieues. Un chevaucheur peut effectuer de trois à quatre relais par jour (80 à 100 km). Sources de recettes importantes, ces deux « services publics » vont cependant être gérés comme des affaires commerciales et exciter des convoitises.

A la fin du XVe siècle, apparaissent les premiers bureaux de poste et sans doute les premiers distributeurs. En 1477, Louis XI crée les relais de poste tenus par des « tenants-poste », ancêtres des maîtres de poste et nomme, en 1479, le premier « contrôleur des chevaucheurs ». En 1527, François Ier octroie le privilège exclusif des chevaux aux maîtres de poste de la route de Paris à Lyon. Sous Charles IX, l’institution se dégrade du fait des troubles de l’époque. En 1584, Henri III en réforme l’organisation. Des offices de messagers royaux sont créés en 1576 pour le transport des sacs de procès, mais ils sont autorisés à prendre les lettres des particuliers et concurrencent ainsi les messagers universitaires.

En 1602, Henri IV confie le louage des chevaux de relais aux maîtres de poste. En 1636, le nombre de routes postales est de vingt-sept : onze desservent la capitale, les autres sont des routes transversales. Certains palefreniers se spécialisent, ils guident les chevaux d’un relais à l’autre et les ramènent à leur point de départ : le postillon est né. Peu à peu, les chevaucheurs du roi acceptent de « faire courre les lettres et les paquets du public », en toute illégalité. Henri IV, conscient que ce service clandestin correspond à une nécessité, charge Fouquet de la Varane de mettre au point une organisation officielle. Ainsi, en 1603, les « courriers » remplacent les « chevaucheurs ». En 1608, le « contrôleur général » devient « général des postes » (d’où l’attribution courante et un peu abusive de « la création de la poste » à Henri IV).

Le premier « tarif postal » date de 1627, mais jusqu’en 1849, où apparaît le « timbre-poste », c’est le destinataire qui paie le port de la lettre. En 1629, la charge de « général des postes » est remplacée par celle de « surintendant général des postes et relais ». La première carte des routes de poste est éditée en 1632 (623 relais).

Vers le monopole

Louis XIV s’intéresse au pactole qu’engendre la poste. En 1668, Louvois rachète la charge de l’intendant général des postes et relais et réorganise le service. En 1675, existent 754 maîtres de poste qui ne peuvent affermer les relais. En 1672, Louvois crée et attribue la « Ferme générale des postes » mais demeure surintendant général des postes. Il aide les fermiers à se débarrasser de leurs concurrents.

En 1675, Louis XIV lui accorde les revenus de la poste internationale. Louvois traite directement avec les Tour et Taxis, fermiers des postes internationales du Saint Empire.

La première édition du livre de poste date de 1708. C’est une liste des routes et des relais où sont indiqués les distances entre les relais et le prix à payer au maître de poste. On compte à cette époque 800 relais de poste. L’édition est annuelle, voire bi-annuelle, jusqu’en 1859.

Les messageries universitaires sont agrégées à la Ferme des postes en 1719.

En 1759, neuf cents bureaux de poste sont en service. Ils sont dirigés par un directeur rémunéré par la Ferme, éventuellement aidé par des commis et surveillé par un contrôleur, agent direct de la Ferme, installé dans son bureau. Le trafic reste modeste : 12 000 lettres par jour traitées à Paris dont 10% destinées à des particuliers. Pas de distribution à domicile : il faut aller retirer son courrier au bureau de poste. Cependant, des postiers, premiers facteurs de ville, relèvent environ cinq cents boîtes aux lettres dans Paris et sa banlieue et annoncent leur arrivée en utilisant une claquette. Ils font trois tournées de relevage et de distribution par jour. En 1780, l’ensemble de ces « petites postes » à Paris et en province est racheté par la Ferme (la Grande Poste) : la véritable distribution urbaine est sur le point de voir le jour.

En 1783, la poste organise un service maritime entre la France et les États-Unis, mais il sera supprimé dès 1788 parce que trop coûteux.

L’émergence du service public

Pendant la Révolution, les postes vont devenir un service public exploité par l’État. En 1789, les cahiers de doléances demandent la disparition du « Cabinet noir ». La Révolution supprime les privilèges des maîtres de poste. L’inviolabilité de la correspondance est décrétée le 10 juillet 1791, mais ce ne sera longtemps qu’un vœu pieux. En septembre 1792, la Convention décide que les directeurs et contrôleurs des 1 300 bureaux de poste seront élus. Sur dix-sept emplois parisiens, deux vont à des postiers, les autres à un perruquier, un coiffeur, un tailleur pour dame, un musicien, etc. ! Dans les campagnes, les trois quarts des cantons sont dépourvus de bureaux de poste.

En mai 1793, la Convention substitue au bail de la Ferme des postes la gestion directe par une Agence générale des postes. Cette agence décide d’admettre des voyageurs dans les malles-poste. Le 17 mai 1796, celle qui relie Paris à Lyon est délestée de 7 millions d’assignats, le postillon et le courrier sont assassinés. Du coup, sous le Consulat, les malles-poste seront escortées par un détachement de troupe.

En 1792 est créé un service postal aux armées qui sera réorganisé en 1809 par Napoléon. En 1794 est créée la « reconnaissance », première forme du mandat-poste, à l’intention, notamment, des soldats en campagne. Le monopole est confirmé en 1801. En 1804, le Premier Consul nomme le premier directeur général d’une poste d’État. Il est placé sous la tutelle du ministre des Finances. Un système de transmission rapide pour l’Empereur est fondé en 1805 (les « Estafettes »). Il sera mis à la disposition des particuliers moyennant le paiement d’une taxe triple.

Napoléon confirme le monopole en 1806.

En 1818, Louis XVIII crée une nouvelle malle-poste qui peut transporter quatre passagers en plus du courrier et du postillon à une vitesse de 11 kilomètres à l’heure. Le 1er janvier 1828, tous les bureaux de poste du territoire seront mis en correspondance. Des timbres à date sont mis en service pour pouvoir contrôler les dates de départ et d’arrivée. En 1829, la lettre recommandée est créée.

Vers la poste moderne

Une circulaire de 1808 obligeait les destinataires du courrier, prévenus « par toutes les occasions qui pouvaient s’offrir », à retirer eux-mêmes ou faire retirer par leurs mandataires, leur courrier au bureau de poste. En 1830, la distribution, un jour sur deux, est généralisée sur l’ensemble du territoire. Cinq mille facteurs couvrent 220 000 kilomètres de tournées (quarante-cinq kilomètres, en deux jours, par facteur). Le « droit fixe rural » s’élève à dix centimes. En 1832, la tournée devient quotidienne. En 1835, un « Dictionnaire des Postes » comprenant la liste des communes, écarts et lieux-dits est établi afin de faciliter l’organisation de la distribution, rurale notamment. Cependant, ce dictionnaire vieillit vite montrant que le territoire national évolue rapidement. En 1848, un service de « facteurs-boîtier » est créé : ce sont autant de services mobiles de guichets et, donc, autant de petits établissements postaux – un avant-projet de cyberfacteur ?

Le premier timbre-poste est lancé en 1839 en Angleterre : taxe postale ou rémunération d’un service rendu ? En France, la taxe unique est instituée neuf ans plus tard :

« Le public est prévenu qu’à partir du 1er janvier 1849 la taxe des lettres établie d’après la distance parcourue est supprimée et remplacée par une taxe fixe uniforme de 20 centimes pour toute lettre circulant à l’intérieur dont le poids n’excédera pas 7 grammes et demi et quelle que soit la distance à parcourir dans toute l’étendue de la France, de la Corse et de l’Algérie. »

150 ans avant l’Internet, 150 ans avant leurs collègues des télécoms, les postiers ont compris que la distance ne doit plus être un critère de tarification !

Le premier timbre-poste français apparaît donc le 1er janvier 1849, à l’effigie de Cérès : désormais, c’est l’expéditeur qui paie. Cette année-là, la poste achemine 158 millions de lettres. Entre 1849 et 1914, le trafic postal est multiplié par huit.

En 1847, une enquête générale de l’Administration des Postes est lancée avec pour objet d’actualiser le Dictionnaire des Postes. A cette époque, dans une France aux trois quarts rurale, plus des deux tiers du « trafic lettres » sont d’origine et de destination urbaines. Les lettres ne représentent que 50% du trafic, les journaux 26% et les « imprimés » 16%. Une structure de trafic déjà passablement moderne où les échanges entre particuliers n’atteignent pas 20% du trafic total.

« En 1750, déjà, un directeur des postes estimait à un dixième du courrier les lettres inspirées essentiellement par l’affection. » (Charles A. Porter, Men/Women of letters, Yale French Studies, 1981, source La Correspondance, ouv. cité).

Le niveau d’activité postale traduit fidèlement le développement industriel et commercial : les corrélations des recettes postales de 1842 avec les indicateurs industriels et financiers de 1847 sont très élevées : 0,95 et 0,84 (source, La Correspondance, ouv. cité).

« On est frappé par la rareté du courrier local. La règle est générale et ne souffre pas d’exception. En 1847, pour les lettres simples (pesant moins de 7,5 grammes), la taxe est de 20 centimes au-dessous de 20 kilomètres, 30 centimes de 40 à 80, 40 centimes de 80 à 150, 50 centimes de 150 à 200, etc. Une taxe moyenne de 32 centimes, qui est celle que l’on peut calculer d’après l’enquête postale, correspond à une distance d’un peu moins d’une centaine de kilomètres. Le passage à l’écrit ne s’impose que pour communiquer sur une distance de 20 à 100 kilomètres environ. Au-delà, les lettres se raréfient. Le coût de la taxe apparaît alors prohibitif. Par exemple, le port d’une lettre de 15 grammes de Paris à Marseille vaut 2,20 francs ; c’est beaucoup à une époque où le prix de la journée de travail d’un simple manouvrier est de 1,25 à 1,50 franc et descend dans les campagnes, pendant la morte saison, jusqu’à 75 c. » (La Correspondance, ouv. cité).

Ce n’est pas la densité du réseau postal, mais les besoins de l’économie qui engendrent le trafic courrier – à l’inverse des services financiers où le chiffre d’affaires réalisé par la poste est corrélé à l’implantation des bureaux de poste.

Le secrétariat d’État à la Poste et au Télégraphe est créé en 1879. Adolphe Cochery est le premier titulaire de la fonction qu’il assumera pendant treize ans. La poste perd son caractère d’Administration fiscale.

En 1874, est créée l’Union générale des postes, formant un seul territoire postal pour l’échange des correspondances entre les pays qui y adhèrent. Cette institution deviendra l’Union postale universelle en 1878.

Nouvelles technologies !

Le premier assaut des « télécoms » date de 1794 avec la transmission de la première dépêche télégraphique sur la ligne Paris-Lille par le télégraphe optique des frères Chappe.

Le chemin de fer  : le 9 mai 1843, est inauguré le premier tronçon de la ligne Paris-Rouen. La poste lui confie des sacs l’année suivante et organise presque aussitôt les premiers ambulants : des wagons spéciaux sont aménagés pour permettre le tri des correspondances pendant le transport. En 1855, à l’instar des facteurs-boîtiers, est créé le service des courriers-convoyeurs. Le service des malles-poste disparaît en 1873, après quatre cents ans d’existence. A la même époque, la poste exploite déjà 54 lignes d’ambulants dont le nombre atteindra 175 en 1914.

Automobile  : c’est en 1927 qu’on lance un service automobile rural pour lutter – déjà ! – contre l’isolement des campagnes, en offrant des fonctions de guichet, distribution et même de transport des voyageurs. Au début des années 50, la poste se dote de camionnettes, des 2CV Citroën, et la bicyclette tend à disparaître en zone rurale, n’en déplaise à Jacques Tati et Yves Montand…

La première poste aérienne apparaît en… 1870 pendant le siège de Paris, par voie de ballon non dirigeable. Les pigeons-voyageurs transportent les premiers microfilms portant chacun 2 500 messages. Un seul pigeon rapporte, en un voyage, le 21 janvier 1871, 38 700 messages. 1870 voit aussi apparaître la première carte postale.

La première expérience de transport de courrier par avion a lieu en 1911 (Henri Péquet, aviateur français, franchit le Gange sur une distance de 10 km avec 15 kg de courrier). L’année suivante, le premier vol postal officiel est effectué entre Nancy et Lunéville (27 km). Dès 1921, trois lignes aériennes acheminent le courrier vers l’Angleterre, la Belgique et l’Europe centrale au départ de Paris. L’Aéropostale est fondée en 1927, on ouvre une ligne sud-américaine puis (en 1934) les réseaux américains et africains sont reliés. En 1930, Mermoz franchit l’Atlantique Sud.

Mais dès 1931, l’Aéropostale cesse ses activités et les lignes périclitent. Air-Bleu, compagnie d’aviation postale intérieure, est créé en 1935 mais rapidement arrêtée pour cause de non rentabilité. En 1937, un service aérien de jour (de nuit en 1939) est mis en service sur les lignes Paris-Bordeaux et Paris-Lyon-Marseille. Cette « postale de nuit » reprend ses activités en 1945. En 1969, huit lignes relient Paris aux principales villes de France. Mais en 1983, le TGV postal Paris-Lyon est mis en service en remplacement de la ligne aérienne.

Premiers services financiers postaux

Après la « reconnaissance » de 1794 et la création du mandat en 1817, le service des mandats payables à domicile est fondé en 1878 et celui de la distribution contre remboursement l’année suivante. En 1881, est ouverte la «Caisse d’Epargne publique sous la garantie de l’Etat », placée sous l’autorité du ministre des Postes et Télégraphes.

Les bureaux de poste l’ont emporté sur les perceptions parce que le réseau postal est plus dense que celui des percepteurs.

En 1882, deux cents mille livrets sont ouverts, six millions en 1909. La Poste devient une banque populaire : le versement moyen est de 24 francs, soit cinq fois moins que sur les livrets des caisses privées. Les chèques postaux apparaissent en 1918.

Mouvements sociaux

De tous les agents publics, les postiers ont longtemps été les moins rémunérés. La première grève postale se déclenche en 1899, à Paris. Elle choque l’opinion publique. En 1906, 1 200 facteurs font grève durant neuf jours. 380 révocations sont prononcées. En 1909, la grève générale des PTT est durement réprimée. Les postiers ne peuvent créer un syndicat : ce ne sont pas des ouvriers.

La forte croissance du trafic entre 1849 et 1914 conduit la poste à recruter massivement, mais les agents, mal payés, tendent à se prolétariser. Du coup, quand il est question que la poste absorbe le télégraphe, les télégraphistes, mieux rémunérés et mieux considérés, vivent ce rattachement comme une atteinte à leur dignité.

La guerre de 1914 envoie une grande partie des postiers au front, ce qui conduit à la féminisation de la profession (en 1917, cent vingt factrices accomplissent leur service à Paris).

Pendant les années 30, la poste connaît une nouvelle période difficile : le trafic croît plus vite que les effectifs, les postiers, toujours mal payés (notamment le personnel féminin), voient même leur salaire diminuer à plusieurs reprises. Avec l’arrivée du Front populaire, la tendance s’inverse mais, en 1939, la guerre remet tout en question… Après la guerre, les postiers vont bénéficier d’un statut leur permettant, entre autres, d’adhérer librement à un syndicat.

Mécanisation, libéralisation…

Des velléités de libéralisation apparaissent dès la fin de la Première Guerre mondiale, « au chant des sirènes libérales d’outre-Atlantique » – mais le ministère des Finances fait bonne garde. En 1923, le budget des PTT est néanmoins séparé de celui de l’État : l’autonomie financière doit permettre une meilleure adaptation aux réalités économiques.

Les Trente Glorieuses sont marquées par la croissance du trafic et l’automatisation, avec l’apparition d’une nouvelle clientèle de masse : vente par correspondance, grands déposants, etc. Cinquante grands clients déposent à eux seuls 25% du trafic.

1964 voit le début de la codification des adresses postales, le code postal à cinq chiffres est lancé en 1972. En 1984, on supprime le service pneumatique.
C’est en 1991 (loi du 2 juillet 1990) que la poste change de statut pour devenir un exploitant autonome de droit public : La Poste. La plus grande partie de l’histoire postale contemporaine relève désormais d’un nouveau chapitre, celui de l’Europe postale.

Retenons que sur une période d’un siècle, malgré deux guerres mondiales, des crises économiques, des évolutions techniques et scientifiques bouleversantes, sans oublier les grandes grèves (1906, 1974 et 1983, entre autres), le trafic postal n’a cessé de croître.

De 1,5 milliard d’objets (dont 800 millions de lettres) en 1897 à près de 25 milliards d’objets (dont 11 milliards de lettres) en 1996, la croissance du trafic est proche de 3% par an en moyenne, c’est-à-dire au moins aussi forte que celle du produit intérieur brut.


(1) L’essentiel de ce bref historique est tiré de l’ouvrage de Paul Charbon, Quelle belle invention que la poste !, Gallimard, « Découvertes » n°123, dont on admirera aussi la magnifique iconographie. Nous avons aussi emprunté à La correspondance, op. cit.