par Admin

Publié le 14 octobre 2005 dans Banque et finance

cc eisenrach, from Flickr

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Cet article est consacrée aux acteurs qui évoluent dans la sphère financière et aux rôles qu’ils y interprètent. On en distingue trois catégories : les agents économiques, les intermédiaires financiers et les régulateurs.

1/Les agents économiques sont les ménages, les entreprises et les collectivités publiques.
Le travail est un actif singulier dont les ménages tirent l’essentiel de leurs revenus monétaires. Du point de vue bancaire, ils sont des utilisateurs de moyens de paiement. On peut les caractériser par le niveau et la structure de leur consommation, de leur épargne et de leurs placements, et de leur endettement. En dépit de spécificités nationales durables, on observe une certaine convergence des comportements financiers des ménages en Europe.

Celui des entreprises est très diversifié, en particulier selon leur taille : les plus grandes sont de véritables opérateurs financiers.

L’indépendance des banques centrales et la réduction du secteur public recentre les États sur la gestion du budget et de la dette publique.

2/Les intermédiaires financiers gèrent la monnaie et les moyens de paiement, collectent et rémunèrent l’épargne, prêtent aux emprunteurs et offrent toutes sortes de services en rapport avec l’argent et la finance. Ils assurent non seulement l’ajustement quantitatif des besoins aux capacités de financement, mais aussi la transformation qualitative des ressources.

Cette catégorie hétérogène d’acteurs peut être approchée par les textes qui, depuis la loi bancaire de 1984, organisent le secteur et distinguent désormais des « établissements de crédit », généralistes ou spécialisés, et des entreprises d’investissement tels les investisseurs institutionnels. La banque universelle exerce l’ensemble des métiers y compris ceux de l’intermédiation de marché et de l’assurance. Mais l’activité de banque a été profondément transformée sous l’effet de la déréglementation, de la concurrence et de l’industrialisation bancaire elle-même dopée par la globalisation et les technologies de l’information. La banque universelle devrait donc encore évoluer, entre consolidation et spécialisation, ouvrant la voie à des « supermarchés bancaires ». Statutairement, la financiarisation privilégie le modèle de banque capitaliste cotée mais deux autres types de statuts coexistent : les banques coopératives et mutualistes et le secteur public où s’inscrivent la plupart des « banques postales », avec des phénomène d’hybridation.

Le paysage bancaire français se présente comme un oligopole de grands réseaux recherchant la taille critique dans les différents métiers de la banque universelle. Sa structuration est plus avancée que dans d’autres pays européens, mais elle n’est pas pour autant achevée. Dans ce paysage, la banque postale forme un ensemble diversifié en dépit de références communes, historiques, statutaires ou fonctionnelles : réseau postal, spécialisation dans la banque de détail aux particuliers, proximité…

L’activité des banques de détail nécessite un réseau dense d’agences bancaires. L’usage de canaux alternatifs, anciens (courrier, téléphone) et nouveaux (automates, Internet) permet d’envisager, sinon une réduction, du moins une rationalisation des réseaux physiques dans le cadre d’une relation dite « multicanal ».

S’agissant de la qualité de la relation de la banque avec ses clients, si les enquêtes publiées par la profession affichent un niveau élevé de satisfaction, les rapports du monde bancaire avec les organisations de consommateurs sont parfois tendus. Certains griefs semblent en voie de résolution mais la question des frais bancaires est plus délicate, car les commissions sur services représentent une part croissante du revenu des banques dont les marges sur crédits s’amenuisent. La concurrence devrait résoudre le dilemme : sans remettre en cause le principe même de la facturation des services, elle doit conduire les établissements les plus efficaces à faire la différence. Encore faut-il que la mobilité bancaire ne soit pas entravée.

A cet égard, les mesures prises en France à l’issue de la grande négociation organisée par le ministre de l’économie et des finances fin 2004 devraient changer la donne.

3/La mission commune des régulateurs s’énonce simplement : assurer le bon fonctionnement des systèmes financiers. Les organismes qui participent à la régulation sont très divers, selon l’échelon territorial régulé, le mode de régulation privilégié et leur statut : des gouvernements aux agences de notation, en passant les Banques centrales et des organismes internationaux. Une tendance semble se dessiner : la montée en puissance de la régulation sectorielle globale empruntant ses modèles aux dispositifs de régulation nationaux les plus avancés. Mais il est possible aussi que la globalisation accorde un rôle élargi à l’autorégulation des marchés : dans une perspective libérale, c’est le marché qui est le régulateur par excellence.