par Admin

Publié le 29 mars 2006 dans Medias

cc noodlepie, from Flickr

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A la différence des médias asymétriques (journal, radio, télé), la relation épistolaire et l’hypermédia Internet permettent à chacun d’être tour à tour émetteur et récepteur : Internet, c’est la relation épistolaire, le cas échéant multimédia et en « temps réel ». C’est plutôt le blog qui institue une relation de type épistolaire, y compris dans son aspect journal intime qui est comme une lettre ouverte. L’e-mail n’est aujourd’hui encore qu’une simple messagerie, mais il emprunte à la lettre son caractère de correspondance privée alors que le blog est public.

Ce qui suggère que la lettre, en tant que récit privé destiné à informer, séduire, convaincre, enjoindre… est décidément irremplaçable. Techniquement, elle peut toutefois être transportée par un e-mail, en pièce jointe, plutôt que par la voie postale.

MessageRécit
Public Forum Blog (lettre ouverte)
Privé Courriel Lettre

Quel que soit le média emprunté, le discours circule horizontalement mais il est en principe garanti verticalement : côté « ciel » par l’argument d’autorité et côté « terre » par le principe de réalité (un discours conforme à la réalité).

L’autorité peut émaner de l’auteur lui-même (“en vérité, je vous le dis”), par une référence externe (“au nom de…”) ou… par le média : “vu à la télé”, “entendu à la radio”, “lu dans le journal”.

Une lettre est également pourvue d’une autorité à laquelle contribuent la forme écrite mais aussi les différentes marques postales (l’enveloppe, l’adresse, le timbre, le cachet de la poste, voire le facteur), surtout s’il s’agit d’une lettre recommandée.

Si l’hypermédia Internet simule et combine tous les autres médias, il est douteux qu’il en conserve l’autorité médiatique. Plus « riche » que les autres médias à qui il emprunte beaucoup, il est plus « pauvre » en autorité (un ministre qui chate n’est plus tout à fait sous statut de ministre), mais cette pauvreté lui vaut d’être aussi plus égalitaire, non seulement parce qu’il est ouvert à tous, mais parce qu’il efface en partie les barrières statutaires que les autres médias véhiculent plus ou moins… En partie seulement : comme les autres médias, Internet reste affecté par de fortes inégalités d’audience selon la nature de l’émetteur.