par Admin

Publié le 20 avril 2006 dans La lettre

cc benoit.deckmyn, from Flickr

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Au fil du temps, elle s’est  « verticalisée », et cela pour deux raisons principales :

  • la littéralité de la lettre : le rédacteur de la lettre est un auteur, comme le confirme, entre autre, l’existence d’une littérature épistolaire. Or, la littérature s’inscrit à l’évidence dans l’axe vertical de l’accumulation et de la transmission ;
  • la concurrence de nouveaux moyens de communication, plus efficients en termes de transactions, conduit la lettre à trouver une identité propre, comme on l’observe souvent lorsqu’un nouveau média concurrence un ancien (voir l’exemple de la radio)

Dans un monde où prédomine la circulation des flux et des transactions, la lettre serait-elle aujourd’hui le seul « média » capable d’inscrire une communication, notamment commerciale, dans la verticalité d’une relation construite, cumulative, et durable ? La lenteur, handicap du point de vue de la communication (délai), deviendrait alors un atout (durée).

Alors même que l’échange marchand constitue le type même d’une relation sociale « transactionnelle », la lettre parvient à inscrire cette relation dans la durée d’une histoire …