par Admin

Publié le 27 avril 2006 dans Etudes postales

cc Joybot, from Flickr

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Les Postes sont des entreprises spécialisées dans la distribution adressée de l’information et de colis échangés entre leurs clients (essentiellement des entreprises et des administrations) et les ménages, usagers du service universel. Les deux tiers des Postes du monde offrent également des services financiers.
Quelles sont actuellement les perspectives pour les « métiers » historiques des Postes ?

1) Le courrier dit de gestion (factures, relevés de comptes, etc.) devrait être affecté par la dématérialisation des transactions entre clients et usagers (plutôt que par la prétendue substitution du courriel au courrier). La dématérialisation est promue tant par des entreprises, pour des raisons d’efficience et coûts, que par les administrations au nom de la modernisation. Le processus s’est accéléré dès que les foyers français ont été connectés à Internet par des liaisons permanentes à haut débit. Mais si la tendance est aujourd’hui bien affirmée, son rythme de mise en œuvre demeure incertain. La question de l’opérateur ou des opérateurs compétent(s) pour assurer la gestion des dossiers et archives électroniques des entreprises et surtout des particuliers reste ouverte. Il en est de même en ce qui concerne l’intermédiation humaine repositionnée dans un univers de services en ligne.

2) En ce qui concerne le courrier de communication commerciale, c’est la tendance elle-même qui est encore incertaine. En effet, à la différence du courrier de gestion, le courrier dispose d’un avantage spécifique face aux médias et à l’ « hypermédia » Internet, à savoir le type de relation (la relation « épistolaire ») qu’il permet d’établir entre une entreprise et ses clients. Encore faut-il en convaincre les annonceurs.

3) Le trafic du colis est dopé par la croissance du commerce à distance et par le développement du commerce en ligne entre particuliers : la « distribution adressée » devrait gagner d’importantes parts de marché, suscitant toutefois une concurrence avivée entre les opérateurs.

4) Le marché des service financiers devrait connaître une forte croissance du fait de la financiarisation et notamment de la « démocratisation » de la gestion du risque sur actifs, en commençant par les ménages les plus fortunés, et en s’étendant progressivement à d’autres catégories d’épargnants.
La restructuration de l’industrie bancaire devrait remettre en cause le modèle dominant de banque universelle. Les externalisations, mais aussi les accords entre banques pour exercer en commun certains métiers témoignent déjà d’une tendance à se rapprocher du modèle industriel. Le métier de pur distributeur de services financiers pourrait constituer un choix stratégique consistant pour des opérateurs de réseaux (postes, grande distribution). Le développement de la banque en ligne est une tendance affirmée mais, là encore, son rythme de déploiement reste incertain.

5) Une opportunité pourrait s’ouvrir aux Postes du fait de la financiarisation, cette fois en tant qu’entreprises : même si elles conservent un statut d’entreprises publiques, elles ne pourront durablement rester absentes des marchés où s’évaluent et s’échangent un nombre croissant et diversifié d’actifs. L’accès aux marchés devrait du reste permettre aux opérateurs postaux de mieux gérer les risques qui pèsent sur certaines de leurs activités (le courrier essentiellement) précisément dans le cadre de la gestion du risque sur actifs.

S’il est relativement aisé de repérer les tendances lourdes, il est beaucoup plus difficile de déterminer les échéances auxquelles ces tendances auront un impact significatif sur les Postes.