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Acteurs de la régulation

... dans un monde global

par : Paul Soriano

 

La crise des régulations suscite une prolifération d’acteurs ayant vocation à produire et/ou faire appliquer des normes.

Même dans le scénario global marchand régulé, l’hypothèse d’un « gouvernement mondial » est peu probable à moyen terme... A défaut, il faut s’interroger sur le rôle de la puissance dominante dont le degré et les modalités de domination peuvent varier, entre monde unipolaire et monde multipolaire (un scénario prospectif est caractérisé, entre autres, par un profil géopolitique spécifique).

Il reste que les organisations internationales érigées depuis la fin de la IIe Guerre Mondiale ont un rôle de plus en plus significatif, qu’elles aient une vocation économique ou politique, qu’elles soient formelles (l’OMC) ou informelles (le Forum économique mondial). Les ONG transnationales font désormais partie de ce paysage institutionnel.

Par leur taille, leur couverture territoriale et leur ressources financières, les grandes entreprises, au rang desquelles figurent bien entendu les opérateurs de réseaux, s’affirment comme des puissances face aux pouvoirs publics territoriaux.

On mentionnera aussi les différentes catégories d’experts, les cabinets d’évaluation boursière par exemple, qui jouent un rôle croissant dans les régulations, mais plutôt en « back-office », dans une version post-moderne de la professionnalisation wébérienne des régulateurs.

Le rôle des pouvoirs publics est modulé en fonction des nouveaux rapports de forces et de la hiérarchie des échelons territoriaux. Les observateurs de la scène mondiale divergent sur la question du déclin du politique et plus particulièrement des pouvoirs publics nationaux face à la montée en puissance des acteurs économiques agissant directement ou par leur pouvoir d’influence. En toute hypothèse, ce déclin se traduirait plus probablement par une subordination que par un effacement.

Car les pouvoirs publics sont sollicités à tous les échelons territoriaux, qu’il s’agisse de financer des infrastructures ou le développement des compétences, d’instaurer le service universel, de moduler par la fiscalité la régulation par les prix ou de réglementer la circulation dans les centres-villes. Tout ce qui peut contribuer à fluidifier l’économie, apaiser les tensions sociales, soutenir les secteurs en difficulté par des transferts fiscaux ou encore remonter le moral des ménages - tout cela est bon à prendre.

On repère ici une relation dialectique qui n’est pas sans rappeler celle du maître et de l’esclave, quand un acteur dominant devient, pour atteindre ses objectifs, tellement dépendant du dominé qu’il se découvre sinon esclave, du moins solliciteur et obligé. C’est une leçon à retenir dans la visée des partenariats public / privé en matière d’aménagement du territoire.



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