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Banque & finance

La financiarisation du monde

Argent, monnaie : avec le latin (moneta, pecunia), le français est une des rares langues qui possèdent deux mots pour dire ce que la plupart des autres langues confondent (money, Geld, dinero, denaro...). La distinction couvre un jugement moral : la monnaie est vraie ou fausse tandis que l’argent est bien ou mal gagné. On dit que les pays latins ou catholiques seraient spontanément plus méfiants envers l’argent que les pays protestants, anglo-saxons et nordiques.

La coloration culturelle de la monnaie apparaît déjà dans ses différentes appellations. La monnaie est, sans doute avec le sexe, l’un des domaines où la créativité linguistique est la plus féconde. L’origine des innombrables termes par lesquels l’argot désigne l’argent est souvent mystérieuse. On croit savoir que « fric » viendrait de fricot (une espèce de ragoût) ou fricandeau (d’où fricoter et fricotage ?). En revanche, pour « pognon », on hésite entre poigner (saisir avec la main) et le franco-provençal « pougnon » (un petit pain qui fait aussi penser à la ... galette). Même pour monnaie, on balance entre nomisma qui évoque la norme, la loi et monere qui évoque l’annonce, l’avertissement. Pour plus de détails, voir le Dictionnaire Larousse de l’argot français et de ses origines.

L’argent inspire par ailleurs une multitude de proverbes : l’argent n’a pas d’odeur ; on verra qu’il n’a pas non plus de couleur.

Quant au nom donné à la monnaie unique européenne, il témoigne d’une volonté d’ancrage culturel et politique mais, à notre connaissance, l’euro attend toujours la consécration d’une dénomination argotique.



Article : La finance (3)

La confiance : le consensus et les institutions

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