« Très chers et bien-aimés, que je désirerais bien voir. Jeanne la Pucelle, j’ai bien reçu vos lettres faisant mention que vous craignez un siège. Veuillez savoir que vous n’en aurez point si je puis les rencontrer rapidement, et s’il arrivait que je ne les rencontrasse pas et qu’ils viennent vers vous, fermez vos portes, car je serai rapidement près de vous et s’ils y sont, le leur ferai chausser leurs éperons si vite qu’ils ne sauront par où les prendre et lever [le siège], s’il y est, si rapidement que ce sera bientôt. Je ne vous écris pas autre chose pour le présent, sinon que vous soyez bons et loyaux. Je prie Dieu qu’il vous ait en sa garde. Ecrit à Sully, le 16e jour de mars. Je vous annoncerais encore quelques nouvelles dont vous seriez bien joyeux, mais je crains que les lettres ne soient prises en chemin et que l’on ne vît lesdites nouvelles. »
Jeanne d’Arc, Lettre aux Rouennais In Les plus belles lettres manuscrites de la langue française,
Bibliothèque nationale et Robert Laffont.
