par Admin

Publié le 4 décembre 2005 dans Réseau de distribution et TIC

cc André Tudela

cc André Tudela

Le réseau postal français est l’un des plus denses en Europe, mais c’est aussi un réseau ancien, puisque sa physionomie actuelle était acquise pour l’essentiel à la veille de la Première Guerre mondiale : en 1914, La Poste disposait déjà en propre de près de 13 000 bureaux. Le réseau n’a guère évolué depuis le milieu du XXe siècle. Toutefois, entre 1997 et 2001, 1709 points de contacts, soit 10 % du total, ont connu des transformations plus ou moins importantes : jumelages, transformations en guichets de proximité ou en agences postales.

Construit dans le contexte d’une France à 80 % rurale, le réseau postal actuel ne reflète plus, à l’évidence, la répartition de la population fortement urbanisée. D’après le rapport du sénateur Gérard Larcher (2003), « plus de la moitié (60 %) des bureaux de poste sont implantés dans des communes de moins de 2 000 habitants où ne vit que le quart de la population. Au contraire, seul un bureau de poste sur six est implanté dans les villes de plus de 10 000 habitants, qui regroupent désormais 51 % de la population ».

Ainsi, alors que les communes de plus de 100 000 habitants, regroupant 15 % de la population, se partagent seulement 844 points de contact, l’ensemble des communes de moins de 1 000 habitants, représentant à peu près le même pourcentage de la population, en comptent 6 761 ! L’absence de bureau de poste se fait sentir dans les zones d’urbanisation récente, telles que les périphéries des villes, qui concentrent souvent des populations socialement défavorisées. On en arrive donc à des situations très contrastées où les files d’attente s’allongent dans les zones les plus denses tandis que certains bureaux situés en zone rurale ne traitent qu’un nombre très réduit d’opérations…

Le maintien d’un grand nombre de bureaux déficitaires en zone rurale correspond donc à une contribution de l’entreprise à l’aménagement du territoire (à hauteur de 350 millions d’euros). Cette contribution est au coeur du débat actuel sur l’avenir de La Poste qui doit faire face à l’ouverture du marché du courrier sans délaisser ses missions de service public. Si cette mission d’aménagement du territoire ne fait pas explicitement partie du « service public postal » (qui ne couvre que la distribution du courrier et de la presse), elle est néanmoins considérée comme une obligation, notamment par les élus des zones rurales qui craignent que la réduction du nombre de points de contact n’aggrave la désertification des campagnes et ne remette en cause l’existence même de la communauté.

Le 15 novembre 2004, le président de La Poste a annoncé qu’il entendait faire du réseau postal le « premier réseau de vente de produits et de services de proximité aux particuliers ». Peu après, le directeur de La Poste grand public et du développement territorial annonçait que 770 millions d’euros seraient consacrés à la rénovation de 2 700 bureaux d’ici 2007. Parallèlement, La Poste a entrepris de déployer des « Relais Poste » : une douzaine de commerces (buralistes, superettes, librairies, épiceries, stations-service…) en accueillaient dès 2002 et l’on en comptait 520 courant 2005 (pour 1 760 « agences postales communales »). Cette transformation garantit une ouverture six jours sur sept, toute la journée, tout en bénéficiant au commerçant, rémunéré par un forfait et des commissions sur opérations.