par Admin

Publié le 27 avril 2006 dans Courrier

cc xtof, from Flickr

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Dématérialiser les transactions

Le courrier dit « de gestion » est constitué pour l’essentiel par des échanges d’information entre les entreprises, les administrations et les ménages : bons de commande, factures, paiements, relevés de compte, etc.

Ce type de courrier présente plusieurs caractéristiques

1) une relation de type échange de données où la dimension épistolaire est restreinte, à moins que l’émetteur profite de cet envoi pour établir une « vraie » communication avec le destinataire ;

2) mais néanmoins une forte valeur, eu égard au caractère généralement important des informations transmises, tant pour l’expéditeur que pour le destinataire ;

3) du coup si ce type de courrier représente à peu près la moitié du trafic postal en volume, il pèse beaucoup plus lourd en termes de chiffre d’affaires ;

4) une forte concentration à l’émission : les grands émetteurs sont notamment les administrations, les grandes entreprises de réseaux (énergie, télécommunications…), les organismes sociaux, les entreprises de VAD, les banques, etc. ;

Le courrier de gestion est directement menacé par la dématérialisation des transactions entre les acteurs concernés (et non par la prétendue « substitution »).
Un précédent significatif est constitué par la « carte Vitale » qui a éliminé des centaines de millions de plis postaux (mais sans la moindre substitution de courriel…).

Si le système Vitale a requis un réseau spécifique, c’est désormais Internet qui est privilégiée par les grandes administrations (administration électronique) et les entreprises pour dématérialiser ce type d’échange : en 2005, plus de quatre millions de Français ont déclaré en ligne leurs revenus à l’administration fiscale.

La dématérialisation nécessite toutefois des dispositifs de sécurité, d’authentification (tiers de confiance) et d’archivage qui soulèvent de nombreux problèmes d’ordre technique et juridique (signature électronique et autre dispositifs d’authentification…), mais aussi d’ordre psycho-sociologique touchant aux comportements et usages.

En dehors du courrier, la décision prise par les compagnies aériennes de faire payer à leurs clients l’émission d’un billet papier (16 euros pour un aller-retour dans le cas d’Air France et parfois bien davantage aux États-Unis) témoigne de la motivation des entreprises : elle entendent soit éliminer la production et le transport de papier, soit les facturer à leurs client.