par Admin

Publié le 6 octobre 2006 dans Le monde en 2020

cc BASF, from Flickr

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Au-delà de la communication, le thème de la dématérialisation fait irruption dans les discours sur l’industrie. En toute rigueur, bien sûr, le terme y est encore moins approprié. Mais les nanotechnologies, à défaut de nous libérer de la matière, promettent de transformer radicalement notre rapport à la matière. Et, dès aujourd’hui, notre modèle industriel est remis en cause par des applications qu’inspire l’analogie entre le traitement informatique des bits et celui des atomes.

Convenons de réserver ici le terme de dématérialisation à l’effort visant à réduire le poids, l’encombrement, le coût et les nuisances occasionnés par les processus de nos diverses industries « de masse », terme qui connote à la fois le gigantisme des installations industrielles, la prolifération de marchandise et son indifférenciation. De ce point de vue, la dématérialisation apparaît comme une tendance… incertaine dans l’histoire industrielle. Les nanotechnologies et plus généralement les technologies NBIC vont-elles conduire à une franche et définitive inflexion ? Sur le plan pratique, en tout cas, il existe déjà des applications inspirées par l’analogie entre bits et atomes. Encore bien éloignées du « nano », elles annoncent pourtant de manière crédible la remise en cause d’un système industriel fondé, côté matière sur un traitement « barbare » des matériaux, dans le mépris de leur intimité, et côté organisation, sur la division du travail exacerbée par la globalisation.