Les trois couches son nécessairement superposées. En effet, le cyberespace lui-même est fondé sur des équipements techniques, des entreprises, des institutions et des « corps » implantés dans les territoires physiques. Toutefois, la dématérialisation ou du moins la miniaturisation des équipements techniques conduit à réduire l’ « emprise au sol » des équipements sous-jacents au cyberespace. Avec l’informatique ambiante on demeure certes dans l’empire de la matière, mais de manière tellement ténue que l’on ne peut plus parler de territorialisation.

Les productions symboliques au sens le plus large sont « à cheval » sur les deux espaces.
L’économie « immatérielle »
Parce qu’elles sont symboliques (échange de signifiants) justement, ces productions symboliques peuvent être en grande partie transférées dans le cyberespace. C’est le cas de l’économie, pour tout ce qui concerne les échanges financiers qui sont un commerce des représentations d’actifs. En général, la production et la distribution des biens est territorialisée, mais cette évidence peut être nuancée. D’une part, de nombreux biens sont immatériels et peuvent être produits et reproduits en partie ou en totalité dans le cyberespace. D’autre part, la production matérielle peut être externalisée et délocalisée d’un territoire à un autre ce qui conduit à des « entreprises sans usines » (sur un territoire donnée).
Par ailleurs, si l’on en croit Neil A. Gershenfeld (FAB : The Coming Revolution on Your Desktop - from Personal Computers to Personal Fabrication, Basic Books, 2005) le transport physique de produits devrait fortement se réduire dans les décennies à venir.
Enfin, l’économie est incitée à la dématérialisation du fait même de l’épuisement de certaines ressources naturelles.
A suivre...
