« Pourtant, le moindre effort de mémoire suffit à montrer l’abondance et l’importance de la forme épistolaire dans notre héritage culturel : surgit aussitôt le souvenir de Mme de Sévigné, et celui des Lettres de Cicéron, celui des Lettres philosophiques de Voltaire, celui encore des « petites lettres » de Pascal, les Provinciales . Et s’y adjoignent d’autres noms et titres d’une aussi grande notoriété : Diderot pour sa Lettre sur les aveugles , ou ses Lettres à Sophie Volland , ou encore, dans l’univers du roman, Rousseau et La Nouvelle Héloïse ,
Goethe avec Werther ... Dans la production contemporaine, le genre de la « lettre ouverte », souvent lié à des polémiques et scandales, jouit d’une solide vitalité y compris dans des formes de large diffusion, comme en témoigne la lettre ouverte en forme de chanson de Boris Vian, Le Déserteur, qui suscita censures et remous. Et parmi les revues et journaux d’aujourd’hui, outre ceux qui portent en titre « La Lettre de... », la plupart consacrent une rubrique au « courrier des lecteurs ». Ainsi, un rapide tour d’horizon atteste aussi la permanence de la pratique de la lettre et des publications qui lui sont liées. »
Alain Viala, extrait de l’article Littérature épistolaire de l’Encyclopaedia Universalis.
