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Banques postales

Japon (banque postale)

Une position dominante mais menacée

par : rédaction

 
La présence postale n’est pas un vain mot dans un pays composé de 4 400 îles : on y dénombre 25 000 bureaux et 280 000 employés pour une superficie de 378 000 km2 et 125 millions d’habitants. La Poste japonaise y est donc une véritable et vénérable institution. Créée en 1871 seulement, au début de l’ère Meiji, elle ne mit que dix ans à couvrir l’ensemble du pays dont elle fut un des principaux instruments de modernisation accélérée. La Poste actuelle est une régie, Japan Post, créée en 1998 à partir de l’ancienne administration publique. Les deux tiers des bureaux sont toutefois gérés par des personnes privées.

L’activité financière de la poste japonaise a rencontré un grand succès auprès du public, du fait de la garantie de l’État apportée aux produits de caisse d’épargne et d’assurance vie, d’exemptions fiscales, ainsi que du montant élevé qu’il est possible aux particuliers d’investir (jusqu’à 86 000 euros).

Les comptes de dépôt et d’épargne confiés à la poste japonaise représentent 16 % du total des actifs financiers des ménages. Les dépôts, confiés au ministère des finances, dépassent les 2 550 milliards d’euros d’épargne et d’assurance-vie (plus que l’ensemble des comptes courants et d’épargne des quatre premières banques du pays), ce qui fait de la Poste la plus importante banque du monde et de ses dépôts... des fonds particulièrement convoités par le secteur privé. Une partie importante des dépôts est investie dans des bons du trésor à faible rendement, pour financer le déficit budgétaire de l’État (5,25% du PIB en 2004) : la Poste est le premier souscripteur de la dette publique.

L’activité financière de la Poste japonaise porte également sur les mandats, les virements postaux et le versement des pensions. Elle accorde des prêts aux particuliers et aux collectivités locales.

La banque postale japonaise est donc vivement contestée par le secteur bancaire qui voit en elle une concurrente abusive (outre la garantie d’État, les produits bénéficient de l’exemption fiscale). Les projets de privatisation se sont longtemps heurtés à la volonté, bien enracinée au Japon, de voir la Poste continuer de jouer son rôle social et d’apporter sa contribution à l’aménagement du territoire et au financement des travaux publics.

En janvier 2004, le président de la Poste japonaise a rejeté une demande de l’Association des banquiers japonais visant à l’abolition du système d’épargne postale. Il considère en effet que ce système est indispensable à la pérennité du réseau postal national. 80 % des bureaux de poste n’effectuent pas de distribution de courrier et leurs revenus dépendent donc essentiellement de l’épargne postale et du « kampo » (assurance vie).

La réforme postale a été qualifiée par le premier ministre (qui a été auparavant ministre des Postes) de « plus grande réforme jamais entreprise depuis l’ère Meiji ». Elle est vigoureusement soutenue par l’Association japonaise des organismes financiers soutient vigoureusement ce projet

En 2007, la Poste devrait être divisée en quatre entités (épargne, assurance-vie, courrier et administration du réseau) coiffées par une maison mère détenue à 100% par l’État qui le cèdera progressivement au privé, d’ici 2017. Dans le projet de loi initial, un amendement prévoyait que l’État pourrait racheter des actions de LP après 2017. Un autre instituait un fonds de 7,5G€ pour le service universel postal...

Le projet de loi ayant étant rejeté par les sénateurs en août 2005, le premier ministre a provoqué des élections qu’il a triomphalement remportées en septembre. La réforme devrait donc être conduite à son terme.



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