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Bibliographie. Démographie.

La fin de l’humanité

Christian Godin

par : Paul Soriano

 
L’humanité n’est pas immortelle. Mais cette mort, assassinat ou suicide, nous continuons à tort de la penser sur le mode catastrophique. La Fin de l’humanité montre pourquoi l’apocalypse n’est pas notre destin le plus probable, pourquoi notre destin le plus probable qui pourrait survenir d’ici trois ou quatre siècles - c’est-à- dire demain, à l’échelle de l’Histoire - est l’extinction pure et simple par désintérêt de soi, par désinvestissement de soi. Les prophètes et crieurs d’apocalypse qui brandissaient il y a trente ans les foudres de la surpopulation se seront massivement et frontalement trompés. L’humanité vieillit et elle s’acheminera doucement vers la mort, parce qu’elle n’aura plus la volonté de continuer, tout simplement. Tel est le destin terminal de l’homme. (4e de couverture).

Christian Godin, La Fin de l’humanité, Champ Vallon, 2003.


Table des matières

Présentation

L’extinction de l’humanité

Les meilleurs prophètes démentis. - C’est de la mort physique de l’humanité qu’il sera question dans cet essai. - La population mondiale existe. - Le paradoxe populationnel : la tendance à la diminution puis à l’extinction est aux antipodes de l’évidence présente. - L’extinction n’est pas seulement celle des populations de la France et de l’Occident. - Une fois encore, les philosophes auront manqué de jugement. - Les rares lucides. - La démographie oubliée. - Le déni de réalité : la psychose populationniste et la névrose antipopulationniste. - Comment il convient de comprendre la mort de l’homme.

Les apocalypses

Le sens propre et le sens figuré de l’apocalypse. - Un universel de l’imaginaire humain. - Le déclin provisoire de la pensée d’apocalypse et sa résurgence au xxe siècle. - La science-fiction comme témoignage et avertissement. - Les quatre sortes d’apocalypse.

Les apocalypses religieuses

Pourquoi croit-on à une fin du monde ? - La raison morale. - Les eschatologies. - Mythe et origine. - La destruction régénératrice chez les Guaranis, les Aztèques, les Mayas, les Quechuas, les Chaldéens, les Hindous, les Scandinaves. - Le mythe du survivant. - La fin du monde dans les monothéismes juif, chrétien et musulman.

Les apocalypses techniques

Le principe responsabilité de Jonas. L’être humain a désormais une capacité d’apocalypse. - Le danger nucléaire (guerre, accident, terrorisme). - La destruction de l’environnement. - Le réchauffement global de la planète. - La pollution chimique. - Le collapsus psychologique. - Les robots ennemis. - Le désastre nanotechnologique. - Les menaces biotechnologiques.

Les apocalypses politiques

La nécessaire dimension politique du malheur humain. - Il existe néanmoins deux horreurs absolues en matière politique : la guerre mondiale et le totalitarisme. - Les risques de guerre atomique : le Proche-Orient, le Cachemire, la possible confrontation de la Chine et des États-Unis. - Le totalitarisme comme la guerre totale tend à l’extermination totale. - Le totalitarisme islamique comme terrorisme mondial total.

Les apocalypses naturelles

La destruction de l’écosystème terrestre. - Les épidémies. - Les cataclysmes pouvant venir de la Terre. - Les cataclysmes pouvant venir du ciel. - Les rayons gamma. - La rencontre d’un astéroïde. - Le trou noir. - L’alien méchant. - Le Soleil donne la mort après avoir apporté la vie.

Critique de la raison apocalyptique

Le retour du survivant : le complexe de Noé. - L’arche métamorphosée en vaisseau spatial. - Pourquoi l’extinction prévisible de l’humanité représente une fin beaucoup plus radicale que n’importe quelle possibilité d’apocalypse. - Les faiblesses de l’apocalypse. - Contre l’apocalypse religieuse. - Contre les apocalypses techniques : guerre nucléaire, pollution. - Contre les apocalypses politiques : guerre mondiale, totalitarisme. - Contre les apocalypses naturelles : épidémies, astéroïde, Soleil. - Ces deux derniers dangers sont les plus probables mais l’humanité sera éteinte bien avant.

L’extinction démographique

Les réalités de l’extinction démographique

Schopenhauer pris en défaut. - La conception stationnaire de Platon. - L’augmentation tendancielle de la population humaine depuis les origines n’a pas été régulière. - Le caractère d’exception du dernier siècle. - La transition démographique. - Les taux (de croissance, de natalité, de fécondité) baissent partout. - Les premières régions atteintes par la disparition démographique : l’Europe, la Russie, le Japon, la Chine. - La mondialisation du comportement démographique. - Les dangers du vieillissement qui précède la mort. - Les projections faites pour un siècle, et au-delà.

Les signes accompagnateurs de l’extinction démographique

La disparition de la figure humaine

Dans les arts plastiques contemporains, la déformation puis la disparition pure et simple de la figure humaine. - L’antihumanisme de l’art contemporain. - Le cas de la photographie. - Dans les techniques, le remplacement de l’être humain par la machine. - La technique tend à rendre l’homme superflu.

Les signes de la destruction de l’humain

Pourquoi nous ne croyons plus que l’humanité soit digne d’avenir. - L’antihumanisme naturaliste de sade. - Le surhomme de Nietzsche. - La génétique. - L’antihumanisme techniciste : la robotisation de l’humain. - L’indifférence en matière démographique. - L’insouciance en matière démographique. - La fin des cimetières : le triomphe de l’incinération sur l’inhumation.

Le narcissisme

Le narcissisme comme destin de l’individualisme. - L’enfermement dans le moi : le racisme et la xénophobie. - L’intolérance réelle dans le cadre de l’idéologie de la tolérance. - Pourquoi la drogue est exemplaire. - La métamorphose du désir d’immortalité : il n’y a plus d’au-delà de soi. - Le désir de descendance inséparable du sens de la dette. - Le sens du clonage : la fin simultanée de la natalité et de la mortalité. - Les avatars de la sexualité. - Deux pratiques sexuelles exaltées : la masturbation et la fellation. - La stérilité involontaire comme aboutissement du narcissisme.

La haine de soi

La dépréciation de soi. - La vie comme dommage. - Le corps martyrisé (l’anorexie comme symptôme). - La sexualité humaine n’a pas toute l’éternité devant elle. - La grande croisade de l’euthanasie : le vocabulaire et les pratiques. - Les militants de l’extinction humaine : les écoterroristes. - Le totalitarisme est écocentrique : le cas du VHEMT.

La pédophobie

L’innommable détestation des enfants. - Quelques précurseurs : Sade, les surréalistes, Sartre, Beauvoir. - Toutes les raisons pour ne pas aimer les enfants. - La haine de la maternité. - La responsabilité sans réciprocité est devenue insupportable. - Le ressentiment contre l’enfant. - La sexualité contre l’enfant. - La jeunesse : une arme contre l’enfant. - L’enfant sans utilité est remplacé par l’animal domestique. - La mort de la mère. - L’enfant-artefact. - L’avortement : du crime au droit, et du droit à l’obligation. - La stérilité volontaire : la contraception, la stérilisation définitive. - Le refus de la descendance, la fin de l’héritier. - Le double refus de la dette et du don. - C’est le lien à l’histoire et à la culture qui se trouve rompu. - Ce que Pierre-André Taguieff nomme le présentisme. - L’exemple du système de retraite.

Les causes de l’extinction démographique

Les causes et les précédents historiques de l’extinction de l’humanité

Tout le monde a été, est, ou sera malthusien. - Contre la fable d’un christianisme populationniste. - Le contresens sur Onan. - La Grèce malthusienne. - Le christianisme : le salut contre la fécondité. - L’apologie malthusienne de Chateaubriand. - Le cas gnostique. - L’abstinence orientale. - La réforme fut antipopulationniste. - Montesquieu et Rousseau font figure d’exception. - La réaction de Malthus. - Le néomalthusianisme. - La parenthèse nataliste du fascisme.

Les causes sociales et économiques de l’extinction de l’humanité

Montesquieu précurseur. - Le malthusianisme du système capitaliste. - La démocratie elle aussi a des tendances malthusiennes. - Le néomalthusianisme de la fin du xixe siècle eut un sens émancipateur. - Le rôle de la libération des femmes. - Le capitalisme tend à détruire la famille. - Le poids économique de l’enfant. - La rationalisation de la vie privée conduit à l’élimination de l’enfant. - Les deux formes d’utilitarisme en rapport avec la question de la population. - Dans le cadre du système de production actuelle, c’est l’homme lui-même qui tend à devenir une contrainte.

Les causes techniques et scientifiques de l’extinction de l’humanité

L’avertissement de Hans Jonas. - La technique tend à rendre l’homme superflu. - Les techniques de procréation sont donc doublement exclusives. - Vers la fin de la maternité. - La génétique pour la mort de l’homme. - L’antihumanisme de l’écologie profonde.

Les causes psychologiques et culturelles de l’extinction de l’humanité

Ce qu’est le nihilisme. - Le propre de l’homme. - Les causes morales. - La maternité et la virilité également suspectes. - Le culte de soi en guise de culture. - La détestation du monde. - La dépréciation universelle de l’humain. - Nous ne voulons plus rien pour l’homme lui-même. - Une culture de la mort qui ne présuppose pas nécessairement une pulsion de mort.

Épilogue

La prévisible irréversibilité de l’extinction démographique

Les dangers de l’extrapolation. - Le passé nous donne-t-il des leçons ? - Le retour impossible. - Le phénomène échappe à la volonté humaine. - L’introuvable équilibre.



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