Pourtant, le travail a bien eu un commencement. Ce n’est pas une réalité anthropologique, mais bien historique, donc sans doute contingente. On a connu des sociétés humaines sans travail. Le travail à grande échelle a d’abord été le fait d’esclaves, et si le travail libre (libre ?) formait l’occupation essentielle de la grande majorité des hommes au Moyen Âge, le travail salarié ne s’est imposé qu’à partir de la révolution industrielle, il y a moins de deux siècles, avec la division du travail.
De nos jours, dans les pays les plus anciennement industrialisés, les emplois de « services » deviennent prédominants en nombre et en valeur mesurée par le PIB. Mais la notion de services recouvre des réalités tellement différentes qu’elle n’offre guère de prise à l’analyse systématique.
Voir la rubrique services (en cours de publication)
La création massives d’emplois dans le secteur industriel est le fruit d’une séparation de plus en plus nette entre les stades de la production : création, ingénierie, fabrication. Cette division industrielle du travail qui correspond aussi à une division de la société en « classes » est devenue récemment une division territoriale, avec les délocalisations massives de la fabrication dans les pays dits émergents.
Mais la réduction progressive des différences de coûts salariaux devraient, certes à long terme, réduire l’intérêt des délocalisations. D’autre part, on pourrait assister à une remise en cause du modèle industriel fondé sur l’hyper-concentration de la fabrication. D’où la perspective, d’abord d’une relocalisation des activités, selon d’autres critères que les coûts salariaux, puis d’un réaménagement général de la production.
Voir Vers une relocalisation du monde ?
On a peut-être eu tort d’ironiser sur le pronostic de fin du travail, peut-être seulement un peu prématuré...
