Postbank a l’usage exclusif du réseau postal sur la base d’un contrat de coopération signé en 2002 et de conventions de services. La Poste est rémunérée par des commissions perçues sur les opérations de l’établissement bancaire.
En juin 2004, après de nombreuses et singulières péripéties la banque postale allemande a fini par introduire en Bourse 33% de son capital au lieu de 50 % moins une action initialement prévus, l’opération étant complétée par l’émission d’un emprunt obligataire (environ un milliard d’euros) convertible dans trois ans en actions Postbank. Avec un prix d’introduction inférieur à celui qu’escomptaient à l’origine les dirigeants, l’offre de titres a été souscrite plus de deux fois par les investisseurs (institutionnels et particuliers) et l’emprunt plus de quatre fois. Au total, la Deutsche Post devrait retirer entre 2,6 et 2,7 milliards d’euros de l’opération.
Au-delà des activités du réseau la Poste allemande entend construire des synergies entre ses divisions (banque et logistique).
Le réseau postal allemand dessert 82 millions habitants répartis sur plus de 356 000 km². Intégré dans la structure de DPWN il compte plus de 13 000 points de contact dont à peu près 6 000 bureaux en propre, les autres étant des agences implantées notamment dans des magasins d’alimentation. A terme, l’opérateur prévoit le maintien d’au moins 12 000 points de contact dont 5 000 en propre. Le réseau bancaire est complété par 2 000 DAB.
Postbank est une banque de plein exercice dans la banque de détail. Elle dispose donc d’une gamme complète de services financiers pour les particuliers et de nombreux services aux entreprises.
L’activité financière représenterait 30% du chiffre d’affaires du réseau, contre 45% pour le courrier, 20% pour le colis-express et 5% pour les télécommunications . En 2003, Postbank a versé 450 millions d’euros à la Poste pour l’utilisation de son réseau.
Postbank offre des CCP, des comptes d’épargne, des cartes (cartes Postbank, cartes Eurochèques, Visa et Eurocards), ainsi que des services de banque directe et de « e-bank ». La gamme s’est étendue à l’assurance-vie, aux OPCVM et aux prêts individuels à partir de 1995, au crédit immobilier à partir de 1996. Des partenariats lui ont permis d’élargir encore cette gamme à des prestations d’affacturage, d’épargne-logement, d’assurance individuelle et d’assurance sur les biens ainsi que de crédits aux particuliers et aux entreprises (grâce au rachat de DSL Bank en 2000).
Aux entreprises, elle offre par ailleurs des prestations de moyens de paiement en nombre, notamment internationaux, par voie électronique ainsi que des services de leasing, d’ingénierie financière et de financement de la logistique à l’échelon international.
Elle a enfin développé une activité dans le domaine de la technologie bancaire (moyens de paiements électroniques) au sein d’une joint-venture avec Siemens.
Postbank annonce en 2005 12,2 millions de clients dont 400 000 entreprises, parmi lesquels 4 millions sont des clients « cœurs de cible », fidélisés, multi-détenteurs de produits et pour lesquels la Postbank est la banque principale. Elle gère 4,5 millions de comptes chèques pour les particuliers (19 milliards d’euros de dépôts à vue) et 17 millions de comptes d’épargne (plus de 40 milliards d’euros d’encours épargne) ainsi que 6 millions de cartes de débit-crédit. L’encours des prêts hypothécaires s’élève à 25 milliards d’euros. Au total, le bilan de la banque atteint 130 milliards d’euros.
Par rapport à ses homologues européennes, la banque postale allemande offre la particularité de cibler aussi les entreprises, notamment via son offre logistique globale, incluant comme on l’a vu les transferts internationaux, les produits de gestion de trésorerie, les crédits à l’exportation, l’affacturage, les assurances, etc.
Outre le rachat de la banque DSL en 2000, PostBank a entrepris des opérations de croissance externe sur le plan national et international. Elle possède de nombreuses filiales, en Allemagne et à l’étranger (Luxembourg, États-Unis), dans le domaine de l’assurance, de l’investissement, de l’affacturage, de l’immobilier, de l’informatique, etc. L’effectif de Postbank est d’environ 10 000 personnes, avec une majorité de salariés de droit privé (elle ne recrute plus de fonctionnaires depuis 1995). Un millier exercent des fonctions de conseil financier.
Outre des opérations bancaires proprement dites, les services financiers de la Poste allemande effectuaient historiquement des opérations pour le compte de l’État (service des pensions, fonds d’indemnisation...), des opérations de réseau de distribution de détail (vente de services de télécommunications, cartes grises, paiement de redevance TV, contrats de fourniture d’électricité...). Au premier semestre 2005, le revenu consolidé de la Postbank est un peu supérieur à un milliard d’euros, en croissance de 10% par rapport à la même période en 2004. En dépit de ces chiffres relativement modestes, la part de marché de la Postbank dans la banque de détail allemande est voisine de 10% en 2004 (elle aurait cru de 2,3% en trois ans). Postbank est donc un leader dans ce secteur . En nombre de clients, elle serait la deuxième banque allemande pour la clientèle d’entreprises .
En 2003, le résultat net de la banque atteignait 350 millions d’euros et ses dirigeants se donnaient un objectif de 600 millions en 2006.
Au total la banque postale allemande apparaît comme une banque de détail de plein exercice détenue par la Poste allemande, de statut privé, cotée en Bourse, utilisant les infrastructures du réseau postal mais non son personnel. En Allemagne comme ailleurs, les banquiers ont reproché à la banque postale de bénéficier d’avantages concurrentiels liés à l’activité de la maison mère . Mais la vraie question porte sur le devenir de cette banque à part entière dans un pays où la restructuration bancaire est loin d’être achevée - ce qu’ont bien montré les conditions dans lesquelles s’est effectuée l’introduction en Bourse. Après la Deutsche Bank lors de cette introduction, Commerzbank s’est récemment déclarée « intéressée » par l’établissement postal .
