Zygmunt Bauman, L’Amour liquide. De la fragilité des liens entre les hommes, éd. Rouergue/Chambon, 2004.
Zygmunt Bauman traite ici de la façon dont les hommes tentent d’ajuster leurs relations, tant amoureuses que sociales, dans un monde de surproduction d’objets et de produits. Selon lui, la formule de Musil ne vaut plus : l’homme contemporain n’est pas “sans qualités”, il est devenu “sans liens”. Cette “dé-liaison” peut être vue comme une libération (“soyez libre”, “sans attaches”, c’est le slogan, l’éthique préfabriquée vendue par tous les publicitaires), mais c’est aussi le danger de la solitude et de la déréliction ; c’est la peur constante d’être “jeté” - par exemple en recevant un e-mail ou un SMS.
Le monde liquide de la modernité triomphante est celui de la liberté, de la flexibilité, mais aussi de l’insécurité. Bauman s’interroge sur ces relations humaines où l’on jauge, évalue, choisit, jette, où l’on passe des contrats et des deals temporaires : tu me plais ou tu ne me plais plus ; je te prends-je te quitte. Je refais ma vie. Les couples se composent, se décomposent et se recomposent ou bien ils vivent “semi-attachés”. Les relation durables ont été “liquidées” au profit de liaisons flexibles, de connexions temporaires et de réseaux qui ne cessent de se modifier, aussi bien sur les plans sexuel et affectif qu’au niveau du voisinage, de la ville et finalement de la société tout entière. (4e de couverture).
Zygmunt Bauman, La Société assiégée, éd. Rouergue/Chambon, 2005.
La société est assiégée, soumise à des attaques sur deux fronts : d’un côté un monde globalisé, auquel les anciennes règles et structures ne sont plus adaptées et où de nouvelles tardent à prendre forme, de l’autre une politique de la vie de plus en plus « liquide » et mal définie. L’espace compris entre ces deux fronts, gouverné jusque récemment encore par les principes régissant l’Etat-nation souverain et identifié par les sociologues comme la « société », est chaque jour plus difficile à concevoir comme une entité autonome. D’où le défi posé à une sociologie fondée sur une conception de la société en grande partie dépassée : la souveraineté et le pouvoir relèvent de moins en moins des politiques de l’Etat-nation sans être en contrepartie institutionnalisés dans un nouvel espace. Quelles sont les conséquences de cette profonde transformation de la vie en société ? Quel monde sera celui du XXIe siècle ? Voir : le temps de la télévision
Zygmunt Bauman, La vie en miettes. Expérience postmoderne et moralité, Rouergue/Chambon, 2003.
Zygmut Bauman, penseur atypique et inspiré, décrit d’abord dans ce livre majeur l’expérience contemporaine avec son temps accéléré, ses rencontres décousues, ses engagements momentanés, son obsession de la forme, la recherche de la sentation vraie, la vie dans le déplacement, la rencontre de l’étranger dans le tourisme ou la xénophobie, le commerce de la violence, la surveillance de la vie et la toute puissance technique. En même temps, profondément influencé par Levinas, Bauman retrouve au milieu des décombres de l’ordre ancien l’urgence et l’instance d’autrui. Là où la vie est en miettes, il reste le défi de la rencontre d’autrui. Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos ? Comment vivre humainement en dépit du fait que la vie est en miettes ? Son livre est à la fois étonnament lucide, démystificateur et paradoxalement optimiste.
Table des matières. L’expérience postmoderne (Vies brisées, stratégies brisées. Catalogues de peurs postmodernes. L’étranger revisité et revisitant. Violence postmoderne. Moralités tribales. Moralité et politique aujourd’hui). Éthique et moralité (Moralité sans éthique. Formes d’unité. Menaces et espoirs. Anciens et nouveau...).
