Ce monde global serait en fait un mode « glocal », selon un mot-valise formé en conjuguant global et local. Le “local” a pu être lui-même défini (par le sociologue Manuel Castells) comme « nœud de valeur » (point de vue économique) et « lieu de vie » (point de vue social).
Ce qui disparaît ou « décline » dans le monde glocal, ce sont les échelons intermédiaires, à commencer par les États- nations mais aussi les grandes régions du monde telles l’Europe. Bien entendu ce déclin doit s’entendre géopolitiquement. Le monde glocal s’oppose donc tant à la « société des nations » (qui à prévalu jusqu’au XXe siècle) qu’au monde huntingtonien du choc des civilisations incarnées dans quelques grandes régions du monde.
De toute évidence, si un tel monde semble à bien des égards se dessiner, il est loin d’être accompli et nul ne peut prétendre qu’il le sera un jour.
Faisons toutefois l’hypothèse qu’il le sera (scénario 2, glocal).
Mais imaginons de surcroît qu’il s’accompagne de grandes reconfigurations politiques et projetons-le plus particulièrement sur la « nation par excellence » qu’est ou que fut la France. Cela nous donne un autre scénario, diamétralement opposé au scénario 5 de l’État-nation revisité : le scénario de la décomposition française.
Auparavant, rappelons qu’un scénario n’est pas nécessairement « réaliste ». C’est plutôt une « expérience de pensée » à la Wittgenstein, susceptible d’éclairer un tout autre projet que celui que ce scénario dessine. Par exemple, le scénario de la (dé)composition française (SCF dans la suite) pourrait nous éclairer sur les conditions de possibilité du scénario de l’État-nation revisité, en principe diamétralement opposé.
A suivre...