La république des livres
“Les Suppliantes” en petite forme
“Dieux générateurs, si vous protégez l’équité, entendez-moi ! Ne laissez pas s’accomplir ce qui est contre la justice. Soyez les ennemis de la violence, et condamnez-la avant ces noces. Après le combat, il est un autel [ 54 ]tutélaire, un rempart pour les vaincus, et, pour ceux qui fuient, un sanctuaire des Daimones….”
Puisque nous étions en Grèce, restons-y, un peu avant Kiki Dimoula, vers les années 466 avant J.C., époque à laquelle Eschyle a écrit Les Suppliantes(ici dans la traduction pas toute neuve de Leconte de Lisle !). La tragédie sera représentée, dans la mise en scène d’Olivier Py, et discutée du 15 au 18 mars à l’Ecole Normale supérieure, rue d’Ulm à Paris, dans le cadre de la Semaine de la Méditerrannée, également ponctuée par des conférences autour de “Héritages, circulations et influences des cultures méditerranéennes”.
Faut-il le préciser, l’adaptation de la pièce par Olivier Py se veut courte (une heure), actuelle (la violence faite aux femmes, l’exil et le malheur des réfugiés, l’accueil de l’étranger et l’hospitalité comme devoir), moderne (foin des archaïsmes !) et transportable (trois comédiens, pas de décor). Ce qu’Antoine Vitez appelait sans dédain ”une petite forme“. Aux yeux de Py, elle releve d’un “théâtre d’intervention” et, à ce titre, intervient effectivement hors les murs de l’Odéon (...)