« L’amitié semble encore être le lien des cités et attirer le soin des législateurs, plus même que la justice. » (Ethique à Nicomaque, VIII,1).
Le tyran s’emploie à détruire tout le réseau d’amitiés sur lequel repose la cité (Politique). On observera que si l’on adopte le point de vue d’Aristote, le jacobinisme, attaché à réduire les « corps intermédiaires » est une tyrannie ! De même, Platon, dans sa République rejette les amitiés fondées sur la parenté, les alliances, les appartenances communautaires - bref, tout ce qui constitue le tissu (social) d’une communauté politique.
L’amitié fondée sur l’utilité (l’intérêt) est la plus sujette aux litiges : sur le marché, chacun exige l’égalité des avantages reçus et donnés « et chacun croit avoir moins que son dû dans ces contrats mercantiles ».
Dans la Cité d’Aristote, l’ « agora du haut » accueille l’action politique, tandis qu’une autre agora, subordonnée, sert de place de marché...
L’amitié vraie, elle, exige des épreuves (surmontées) et du temps : il en est comme de la vertu, produit de l’habitude, qui exige elle aussi de l’expérience et du temps.
Elle exige aussi de l’altérité : des amis à la fois distincts et semblables (à la différence de l’amitié fusionnelle selon Platon dans La République). L’amitié véritable préserve l’altérité de l’autre, sa liberté dans le choix réciproque de vivre ensemble sans se fondre l’un dans l’autre.
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