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Post Office

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par : Paul Soriano

 
Royal Mail est une société anonyme détenue à 100 % par l’État. Le réseau est intégré dans la structure de la société mais présenté comme une « filiale », Post Office, avec son logo propre. Il n’existe pas de « banque postale » à proprement parler mais des services et produits financiers distribués par ce réseau. Comptant près de 17 000 points de contacts (plus que l’ensemble des banques de détail du Royaume-Uni), le réseau dessert 60 millions d’habitants, mais plus de 90% de ces points de contact sont des agences postales, le plus souvent des magasins en franchise. Les franchisés sont recrutés par appels d’offres et les franchises se « revendent » sur le marché, via des courtiers d’affaires.

La restructuration dans les villes a conduit à la fermeture de 2500 guichets et à une réduction d’effectifs d’environ 3000 personnes. L’engagement de Post Office est que 95 % de la population dans les zones urbaines se trouve à moins de 1 mile du point de contact le plus proche.

Face aux pertes enregistrées par les bureaux directement gérés par Post Office la Poste britannique perçoit du gouvernement 150 millions de livres par an jusqu’en 2008. Post Office produit un peu plus de 10% du chiffre d’affaires de Royal Mail (15 milliards d’euros) soit environ 1,8 milliard, mais a enregistré une perte d’environ 165 millions en 2004-2005 . Il développe son offre de prestations.

En 1990, Royal Mail a vendu la Girobank, son établissement financier, à la banque Alliance Leicester, tout en continuant à en distribuer les produits par le réseau Post Office qui en tire 20% de son chiffre d’affaires. Les produits sont essentiellement des dépôts-retraits sur comptes Girobank (épargne, CCP), des cartes Girobank, la Caisse d’épargne de l’État et la Loterie nationale. Mais l’établissement n’a pas le droit de fournir des conseils financiers - du moins était-ce le cas jusqu’à l’accord avec la Bank of Ireland.

En octobre 2003, en effet, Post Office et la Bank of Ireland (qui réalise 30 % de son activité au Royaume Uni) ont annoncé la création d’une société commune de services financiers, notamment de crédits, destinés aux particuliers, sous la marque Post Office. Ce partenariat faisait suite à un premier accord conclu en mars 2002 pour créer une première société commune spécialisée dans les opérations de change, First Rate Travel Services (2e fournisseur de changes du marché de détail avec 18% de part de marché et une exploitation profitable).

L’accord est conclu pour dix ans. L’attractivité du réseau est donc apparue évidente à la Bank of Ireland (six communes sur dix disposent d’un point poste contre une sur dix pour les agences bancaires) qui a prévu d’investir 125 millions de livres (180 millions d’euros) en dix ans dans la nouvelle société détenue à parité par les deux partenaires. De son côté, Post Office trouve là un moyen de diversifier sa gamme, notamment dans le domaine du crédit, et de restaurer une rentabilité affectée par les prestations « sociales » comme le versement des prestations sociales et des pensions.

Précisons que le joint venture avec Bank of Ireland ne représente qu’une partie des services financiers de Post Office qui conserve des partenariats avec d’autres établissements financiers.

Post Office est le premier manipulateur de cash (« cash handler ») du pays. (140 milliards de livres par an). 500 millions de de factures sont payées chaque année via les bureaux de Post Office pour un montant de 12 milliards de livres.

Au Royaume-Uni, six millions de personnes paient dans les bureaux de poste diverses factures émises par des services publics et autres fournisseurs (eau, électricité, gaz, téléphone) pour un total de 500 millions de factures par an... Le réseau postal traite d’importants montants en argent liquide, dans un pays où les salaires sont encore souvent versés chaque semaine en espèces et où les PME viennent couramment s’approvisionner dans les bureaux. Le versement des allocations familiales et autres prestations sociales, produit 40 % du chiffre d’affaires (depuis avril 2003 Post Office est rémunéré pour ce service). Par ailleurs, le réseau remplit de nombreuses fonctions administratives : les bureaux reçoivent les demandes de passeport, permis de conduire et autres formalités, distribuent les vignettes automobile et la redevance télévision. En revanche, les espaces de vente de papeterie et de petites fournitures dans des boutiques attenantes aux bureaux vont être abandonnés pour cause de déficit. Depuis janvier 2003, les paiements de prestations au guichet sont remplacés par des virements sur comptes à carte, pour les personnes qui ne veulent pas de compte bancaire classique mais souhaitent toujours être payés au guichet postal.

La nouvelle société issue du Joint Venture avec Bank of Irland, dont l’activité a démarré en 2004, commercialisera des prêts personnels, des comptes d’épargne, des cartes de crédit, de l’assurance aux personnes et des crédits hypothécaires, sous la marque Post Office. La distribution emprunte le réseau d’agences postales, ainsi que les canaux téléphone et Internet. Dans le crédit à la consommation, Post Office vise entre 2,5 et 5 % de parts de marché en quelques années. Depuis peu, Post Office offre des prêts personnels non assurés que les particuliers peuvent souscrire dans un bureau de poste. Post Office n’offre plus de comptes courants en propre depuis la vente de Girobank mais autorise les transactions à ses guichets, essentiellement des retraits de fonds, pour de nombreuses banques et majoritairement pour le compte d’Alliance and Leicester à qui elle avait vendu ses Services financiers.

Post Office annonce 28 millions de clients qui lui rendent 42 millions de visites par an.

Il est difficile de cerner sa clientèle, eu égard à la complexité de son système de partenariats et à la diversité des produits servis qui en font surtout un distributeur, du moins jusqu’à l’alliance avec Bank of Ireland.

Grâce à son partenariat avec Bank of Ireland, Post Office espère conquérir entre 2,5 et 5% de parts de marché en quelques années.

Fair play oblige, les banquiers britanniques, contrairement à beaucoup de leurs confrères d’Outre-Manche, semblent faire bon accueil à la banque postale : « La compétition est toujours bienvenue , c’est le client qui en profitera », affirme un représentant de l’Association des banques britanniques cité par La Tribune en mars 2004.



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