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Bibliographie. Politique

Présentation d’ouvrages

De Machiavel à Fukuyama

par : Paul Soriano

 

Présentation d’ouvrages

Machiavel, Le Prince

« Le très pénétrant Machiavel [...], cet homme très sage, dont il est évident qu’il fut pour la liberté, pour la défense de laquelle il a donné les conseils les plus salutaires. » Spinoza (Traité politique, V, 7) Chef-d’oeuvre bref et fulgurant, Le Prince est devenu d’emblée un livre classique de la réflexion politique, Adversaires et partisans de la doctrine du Florentin n’ont cessé de s’affronter au cours des siècles, au prix parfois de grands malentendus. (4e de couverture de l’édition GF). Le traducteur évoque dans sa préface les différentes fortunes du Prnce : de Descartes et Spinoza à Montesquieu et Rousseau, de Tocqueville à nous jours...


Montesquieu, L’Esprit des lois.

J’ai d’abord examiné les hommes et j’ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de mœurs, ils n’étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies.
J’ai posé les principes, et j’ai vu les cas particuliers s’y plier d’eux-mêmes, les histoires de toutes les nations n’en être que les suites, et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d’une autre plus générale.
Quand j’ai été rappelé à l’antiquité, j’ai cherché à en prendre l’esprit, pour ne pas regarder comme semblables des cas réellement différents, et ne pas manquer les différences de ceux qui paraissent semblables.
Je n’a point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses.
Ici, bien des vérités ne se feront sentir qu’après qu’on aura vu la chaîne qui les lie aux autres. (Montesquieu, 4e de couverture de l’édition Folio).

« Cet ouvrage a pour objet les lois, les coutumes et les divers usages de tous les peuples de la terre. On peut dire que le sujet en est immense, puisqu’il embrasse toute les institutions qui sont reçues parmi les hommes ; puisque l’auteur distingue ces institutions ; qu’il examine celles qui conviennent le plus à la société, et à chaque société ; qu’il en cherche l’origine ; qu’il en découvre les causes physiques et morales ; qu’il examine celles qui ont un degré de bonté par elles-mêmes et celles qui n’en ont aucun ; que de deux pratiques pernicieuses, il cherche celle qui l’est plus et celle qui l’est mois ; qu’il y discute celles qui peuvent avoir de bons effets à un certain égard, et de mauvais dans un autre. Il a cru ses recherches utiles, parce que le bon sens consiste beaucoup à connaître les nuances des choses. » (Montesquieu, 4e de couverture de l’édition GF).


Rousseau, Contrat social

Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité est s’est impose comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu’interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d’anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent un texte beaucoup plus problématique qu’affirmatif, c’est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d’aujourd’hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l’intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun le sentiment d’obligation sans lequel le lien social se défait ? (4e de couverture de l’édition GF).


Jouvenel, Bertrand de, *Du pouvoir : Histoire naturelle de sa croissance, Hachette « Pluriel »

Conçu en pleine débâcle de la Seconde Guerre mondiale, ce livre offre une analyse détaillée du pouvoir, ce Minotaure, sous tous ses aspects : sa métaphysique, son origine, sa nature, sa croissance. Bertrand de Jouvenel y exprime sa colère contre l’absurdité de la guerre et des pouvoirs qui l’ont engendrée et essaie de mettre au jour les constantes de toute autorité politique. Cette longue réflexion sur les rapports guerre-pouvoir-Etat aborde les grands problèmes de la philosophie politique : formes des pouvoirs, droit, liberté, sécurité, ordre, etc. un ouvrage classique de ka pensée politique moderne.


Jean Baechler. Démocraties, Calmann Levy, 1985.

La démocratie est le régime politique naturel de l’espèce humaine. Cette proposition, à la fois évidente et provocante, est démontrée en plusieurs étapes logiques. La nature de la démocratie est dévoilée dans une déduction rationnelle, en posant l’hypothèse réaliste d’un acteur indépendant, égoïste et calculateur, et en lui faisant fonder le régime politique qui satisfasse son naturel et ses fins, sans négliger les contraintes imposées à son projet.

Le modèle révèle qu’un acteur politique défini par ces seuls traits ne saurait animer le régime auquel il aspire spontanément. Il doit encore en acquérir et pratiquer les vertus civiques, s’il est citoyen, et les vertus politiques, s’il est politicien. Si le philosophe, usant de sa raison, peut déduire un modèle de démocratie pure et parfaite, les hommes en tant qu’êtres raisonnables participant de la même espèce que lui, doivent être capables de transcrire des démocraties imparfaites dans la matière historique.

Une enquête archéologique, ethnographique, historiographique et sociologique vérifie l’hypothèse dans plusieurs laboratoires construits par les expériences humaines, dans la bande, la tribu, la cité et la nation. Les démocraties ne s’épanouissent pas dans un milieu quelconque, puisqu’elles n’existent ni partout ni toujours. Une fois isolées les conditions de possibilité de tout essai démocratique, l’analyse montre comment et pourquoi elles ont été remplies ici et là, dans les bandes paléolithiques, dans les cités grecques et dans les nations européennes. A mesure que se poursuit et se diversifie l’aventure humaine, les expériences démocratiques se font plus rares. De la bande à la tribu et de la tribu à l’empire, un engrenage a saisi les hommes et les a acculés dans des situations hostiles à leurs aspirations politiques, sauf exceptions improbables. Des contraintes croissantes ont éloigné les démocraties de leur modèle, ou les ont corrompues en d’autres régimes, naturels eux aussi,à la manière dont la maladie est naturelle comme la santé. En tant que régime naturel, la démocratie est la vérité du politique et sert d’étalon pour évaluer les autres régimes.


Antoine, Agnès, L’impensé de la démocratie. Tocqueville, la citoyenneté et la religion, Fayard, 2003.

Où va la démocratie si nous sommes indifférents à son destin Quel avenir lui prédire si les Modernes deviennent étrangers à la vertu civique ? Comment, dans ce régime de l’émancipation politique, éviter des formes inédites de dépendance et de barbarie ? Telles sont les questions que Tocqueville voit surgir dès la naissance des sociétés fondées sur l’égalité. Agnès Antoine tente de les éclairer à son tour en relisant l’œuvre du philosophe le plus pénétrant de la démocratie en même temps que l’observateur le plus aigu des dangers qui la menacent. Car c’est en philosophe que Tocqueville est ici analysé. Agnès Antoine dégage sous un jour neuf l’unité de sa pensée. Elle met en relief les deux principaux remèdes qu’il a imaginés pour prévenir les excès de l’individualisme démocratique : la citoyenneté et la religion. Elle montre comment Tocqueville en a conçu l’articulation et la complémentarité. Conjuguant réflexion politique, interrogation morale et analyse anthropologique, ce livre explore cette « science politique nouvelle » suscitée par Tocqueville et encore largement méconnue aujourd’hui. Il nous révèle l’humanisme que ce moraliste proche de Pascal et de Rousseau a voulu insuffler aux Modernes.

Agnès Antoine enseigne à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle est l’auteur de Maine de Biran. Sujet et politique (1999).


Rosanvallon, Pierre, Le modèle politique français. La société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Seuil, 2004.

A l’aube du XXIe siècle, la démocratie est à la fois triomphante et incertaine. L’évidence désormais universellement revendiquée de ses principes s’accompagne en effet d’une perplexité croissante sur les formes de son accomplissement. D’un côté, les hommes et les femmes aspirent à davantage de pluralisme et de décentralisation, à l’extension des contre-pouvoir et à un contrôle des institutions démultiplié au plus près des réalités. De l’autre, ils expriment une demande accrue de politique et souhaitent la plus forte affirmation d’un lieu central dans lequel puisse s’exprimer et prendre forme une volonté commune efficace, conjurant le péril d’une “gouvernance sans gouvernement”. Cet ouvrage éclaire les termes de cette question en reconsidérant l’histoire du cas français qui a constitué depuis deux siècles un laboratoire exemplaire de la tension moderne entre le particulier et le général, les corps intermédiaires et l’État. Si le procès de la centralisation et du jacobinisme a mille fois été instruit depuis Tocqueville, il y a une autre histoire qu’il convient de prendre en compte pour saisir la marche effective des choses : celle des fortes résistances à ce jacobinisme. Car ce “modèle” n’a pas cessé d’être massivement dénoncé ou critiqué en même temps qu’il était généralement décrit comme dominant. Du même coup, il n’est pas resté figé dans sa forme native et s’est largement amendé. En restituant ainsi la prégnance de la culture politique illibérale hexagonale dans le cadre dynamique des épreuves et des contraintes auxquelles elle n’a cessé d’être confrontée, Pierre Rosanvallon est conduit à proposer une nouvelle interprétation d’ensemble du système français.

Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire moderne et contemporaine du politique. Il est également directeur d’études à l’École des Hautes études en sciences sociales et directeur du Centre de recherches politiques Raymond Aron. (4e de couverture). Il dirige au Seuil une nouvelle collection : « La République des idées ».


Gentile, Emilio, Les Religions de la politique, Seuil, 2005.

La sacralisation de la politique est un phénomène quasi universel à l’époque moderne. Elle survient chaque fois qu’une entité politique - la nation, la démocratie, l’État, le parti, la classe... - se transforme en entité sacrée et devient objet de dévotion et de culte, véritable moteur d’un système de croyances, de mythes, de rites et de symboles, qui subordonne le destin de l’individu et de la collectivité à une instance suprême. C’est alors que naissent de véritables religions de la politique qui ne sont pas l’apanage exclusif de certaines idéologies ou de certains régimes : on peut aussi bien sacraliser la démocratie que l’autocratie, l’égalité que l’inégalité, la nation que l’humanité. Ce sont ces diverses formes de religions politiques que ce livre explore, avec pour perspective de démarquer les religions civiles propres aux démocraties des religions politiques autoritaires, intolérantes ou intégristes. Une analyse, particulièrement d’actualité, qui renouvelle la réflexion sur le fanatisme de masse, les idéologies et le lien politique.

Emilio Gentile enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Rome La Sapienza. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont, traduits en français : La Religion fasciste, Perrin, 2002 ; Qu’est-ce que le. fascisme ? Folio-histoire, 2004 ; La Voie italienne au totalitarisme, Éditions du Rocher, 2004. (4e de couverture).


Jean Baechler & Ramine Kamrane, Aspects de la mondialisation politique, PUF, 2003. Présentation

Un nouvel ordre international est inévitable et indispensable. Sera-t-il défini par l’hégémonie américaine, par un chaos incontrôlable ou par un ordre rappelant le concert européen des Nations ? Ce premier Cahier explore la troisième issue, en déduit la logique, repère des acteurs plausibles et des indices de l’émergence de la solution. (4e de couverture).

Membre de l’Institut, Jean Baechler, est professeur à Paris IV. Ramine Kamrane est chercheur au Centre d’histoire des systèmes de pensée moderne à Paris I - Panthéon Sorbonne.


Francis Fukuyama, State Building. Gouvernance et ordre du monde au XXIe siècle, La Table Ronde, 2005.

On vote à Kaboul et Bagdad. Alors que la pauvreté, la drogue, le sida, la corruption, le terrorisme, la faillite, le chaos social, économique, institutionnel étendent leur ombre sur la planète. Des dérives de l’Afrique à la poudrière du Proche-Orient, en passant par les tyrannies de l’Asie et les régimes postcommunistes de l’Est, ce n’est pas l’excès mais le manque d’État qui fait le malheur des peuples et les désordres internationaux, s’insurge Francis Fukuyama. Rejetant une conception purement juridique et administrative du « vivre ensemble », appelant à un sens fort du « bien commun », et à une révision de nos concepts de solidarité et d’intervention, voici la plus iconoclaste des démonstrations sur les échecs, les nécessités et les urgences du nouvel ordre international. (4e de couverture).


Cynthia Fleury, Les Pathologies de la démocratie, Fayard, 275 pages, 20 €.

Où en sommes-nous de la démocratie française ?
Qu’avons-nous fait des valeurs et des principes prônés par la démocratie naissante de 1789 ? Dans quelle mesure sont-ils toujours opérants ? Pourquoi, et par quels processus, certains d’entre eux se sont-ils pervertis ?
Comment, aujourd’hui, sanctifier l’épanouissement personnel sans favoriser l’incivilité ? Comment étendre le domaine de la liberté sans le faire au détriment des conditions sociales ? Quel prix à payer pour que la démocratie reste le meilleur garant des principes qu’elle instaure ? Comment ne pas succomber à l’entropie communautaire ? Comment se préserver d’un retour du religieux ? Comment concevoir un destin commun à l’ère de l’individualisme collectif ?
En un mot, comment conduire la démocratie à l’âge adulte si les citoyens demeurent des enfants à qui tout est dû ?

Cynthia Fleury, philosophe, enseigne à Sciences-Po et à l’American University of Paris. (4e de couverture).


Jean-François Bayart, Le Gouvernement du monde. Une critique politique de la globalisation, Fayard. 2004.

Prendre l’avion, envoyer un e-mail : la mondialisation s’inscrit dans nos gestes les plus quotidiens. Pourtant, nous l’envisageons souvent comme une menace qui pèserait sur notre identité, voire notre survie. Dans cet essai incisif, Jean-François Bayart propose une vision radicalement nouvelle de ce phénomène, à rebours des discours néo-libéraux ou altermondialistes : la mondialisation est notre œuvre et l’État-nation en est, en réalité, le produit et non la victime. La globalisation est nôtre car c’est par elle que nous façonnons notre éthique et notre corps, que nous soumettons et que nous sommes subordonnés. Loin d’être synonyme, en tout temps et en tous lieux, d’aliénation culturelle et de délitement social, la mondialisation engendre des solidarités et des réseaux transnationaux qui s’articulent aux Etats-nations sans nécessairement les ébranler. Elle voit l’émergence de nouveaux sujets moraux, de préoccupations éthiques inédites, de styles de vie neufs. La globalisation est aussi affaire de pouvoir, d’accumulation, donc d’inégalités et de violences. Contradictoire, elle intègre le marché international des capitaux et des biens, mais cloisonne, par la coercition, celui de la main-d’œuvre ; elle célèbre la vitesse, exacerbe le sentiment d’urgence, mais se caractérise par la contrainte de l’attente, le report permanent des solutions et le stockage des populations. Embrassant deux siècles d’histoire, comparant les sociétés les plus diverses, analysant des pratiques sociales concrètes, Jean-François Bayart montre que, si la mondialisation est nôtre, son devenir, notre histoire, donc, se décideront sur ces seuils tragiques où s’inventent de nouvelles manières de vivre, de consommer et de lutter. Ce faisant, il renouvelle la sociologie politique et la théorie tant du pouvoir que des relations internationales. (4e de couverture).

Directeur de recherche au CNRS, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, Jean-François Bayart est un spécialiste de politique comparée. Il est l’auteur de plusieurs essais, dont L’Etat en Afrique. La Politique du ventre (Fayard, 1989) et L’Illusion identitaire (Fayard, 1996).


Claude Lefort, Essais sur le politique, XIX-XXe siècle, Seuil, 1986, « Points », 2001.

Dans ces Essais sur le politique, Claude Lefort creuse l’interrogation sur la genèse et l’évolution de la démocratie moderne. Livrée à elle-même, vouée à l’émancipation, cette dernière n’est jamais préservée du risque de briser les ressorts de la liberté. Après une évaluation du rôle de l’Etat providence et des métaphores de la citoyenneté, il remonte la pente historique en vue d’appréhender les conséquences de la Révolution française. En témoignent les études consacrées à la Terreur et aux interprétations proposées par les historiens du XIXe et du XXe siècle (Quiner, Michelet, Futer). Comment la vertu démocratique peut-elle éviter d’être corrompue par l’esprit révolutionnaire, se demande Lefort, avant d’évoquer la permanence des liens entre politique et religion et de montrer finalement que la modernité politique est nécessairement paradoxale "Tocqueville et Quinet ont trouvé les mêmes mots, ou presque, pour formuler un ultime jugement sur la Révolution. L’un disait qu’elle a inauguré “le culte de l’impossible” : il dénonçait ainsi l’évasion dans l’imaginaire, l’autre qu’elle a fait naître “la loi en l’impossible” : il entendait que la négation du suppose réel est constitutive de l’histoire de la société moderne. Deux idées décidément, qu’il faut tenir ensemble. (4e de couverture).


Claude Lefort, L’Invention démocratique. Les limites de la domination totalitaire, Fayard, 1981. Livre de Poche, « Biblio ».
Claude Lefort, Les Formes de l’histoire. Essai d’anthropologie politique, Folio-Essais, 2000.

Claude Lefort est un de ceux dont la vigilance intellectuelle n’a pas cessé, depuis vingt ans, en dehors de toutes les modes et avant elles, de remettre au premier plan les problèmes du politique. De cet itinéraire, le lecteur trouvera ici les moments forts : une réflexion sur l’histoire dans les sociétés dites sans histoire ; la formation de la société et de la politique modernes au temps de l’humanisme et des républiques de la Renaissance ; une étude sur Marx, un Marx soustrait aux manipulateurs de la « théorie marxiste » comme aux nouveaux hérauts de l’antimarxisme ; la genèse enfin de l’idéologie dans les sociétés contemporaines. Un même mouvement de pensée relie ces textes, qui s’applique à distinguer ce qui relève d’une histoire régie par un principe de permanence ou de répétition et ce qui ressortit à une histoire qui par principe est le lieu du nouveau. Une histoire visible, qui se déchiffre à travers le changement et une histoire invisible qui, dans chacune des formations sociales envisagées, sous-tend l’ordonnance des institutions et constitue la dimension temporelle de la vie sociale. Ainsi s’esquisse, à travers la diversité des formes de l’histoire, une anthropologie politique de notre temps. (4e de couverture).


Marie-Pauline Deswarte, Essai sur la nature juridique de la république. Constitution, institution ? L’Harmattan, 2003.

La république est un thème abondamment étudié. Beaucoup d’auteurs, s’ils ne doutent plus de sa solidité, plaident pour sa perfectibilité, voire son véritable établissement, donnant par là à penser qu’elle était encore à venir. Pour la première fois, une juriste se penche sur les raisons juridiques et les conséquences de cette fragilité. Au long d’une recherche très documentée et argumentée, elle démontre que la république ne peut être établie comme une institution. Les critères institutionnels dégagés par la pensée juridique contemporaine, notamment celle d’Hauriou, ne lui sont en effet pas applicables. Grâce à eux, nous comprenons qu’il n’est pas dans la vocation de la république d’être une institution. Mue par une idée directrice émancipatrice, elle ne peut, par principe, être soumise à une quelconque contrainte de nature institutionnelle. Cependant l’institution lui est nécessaire pour durer dans le temps et protéger ses valeurs. Mais elle ne peut en accepter la contrainte que dans la mesure où n’est pas remise en cause la liberté de son mouvement émancipateur, prouvant par là qu’elle ne peut être que constitution.


Wunenburger, Jean-Jacques, Une utopie de la raison. Essai sur le politique moderne, La Table Ronde, 2002.

Les grands mythes politiques revisités à l’heure de la crise du politique...).

La pensée politique moderne se fonde sur un ensemble de concepts, de modèles, de scénarios institutionnels (souveraineté populaire, contrat, égalité, légalité, paix perpétuelle, etc.) qui devaient assurer la progressive rationalisation des rapports politiques entre les hommes. Les contradictions, impasses, illusions, effets pervers de cette raison politique, qui ont marqué le vingtième siècle, risquent de faire douter aujourd’hui du politique. Ne conviendrait-il donc pas de nous retourner vers les Anciens, non pour les imiter par nostalgie mais pour réapprendre d’eux comment l’intelligence du politique exige que l’on tisse ensemble volonté et tradition, raison et mythe, Cité et religion, ce qui nous éviterait pour les affaires de la Cité de courir après des utopies mortifères ou de céder à un relativisme cynique.



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