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Irepp. Bibliographie. Economie générale.

Présentation d’ouvrages

Les personnes et les choses

par : Paul Soriano

 

Simonnot, Philippe, 39 Leçons d’économie contemporaine. Folio, 1998.

L’économie contemporaine expliquée en trente-neuf leçons par Archibald, professeur très particulier, à un Candide qui pourrait être chacun de nous - c’est-à-dire quiconque, au fil de la dernière décennie, a été gavé par les médias des contresens et lieux communs sur l’importance essentielle de l’économie ; quiconque croit savoir de quoi il retourne du fait d’une vulgate apprise sur les bancs du lycée on de l’université. De l’utilité à la corruption, de la main invisible au prophétisme, de l’honneur et de la prudence au calcul de l’efficacité marginale du capital, de l’économie du droit à la montée du chômage, du bien commun à la fiscalité ou à la protection sociale, voici dressé l’état des lieux de l’économie. Où le lecteur découvre les mécanismes inédits mis au jour par des économistes contemporains comme les acquis théoriques que l’on doit aux « classiques » ; les notions fondatrices éclairantes comme les oublis d’auteurs - l’école française des XVIIIe-XIXe siècles notamment - qui aident pourtant à penser des processus nouveaux ; bref, la nature subversive de l’économie, qui met sur le même plan l’utile et l’inutile, le rationnel et l’irrationnel, le nécessaire et le luxe, le moral et l’immoral. Ces Leçons ne sont rien moins qu’un manuel d’économie contemporaine à l’aube du nouveau siècle. (4e de couverture).


Luc Boltanski, Eve Chiapello, Le Nouvel esprit du capitalisme, Gallimard, 1999.

Le capitalisme prospère ; la société se dégrade. La croissance du profit s’accompagne de celle de l’exclusion. La véritable crise n’est pas celle du capitalisme, mais celle de la critique du capitalisme. Trop souvent attachée à d’anciens schémas d’analyse, la critique conduit nombre de protestataires à se replier sur des modalités de défense efficaces dans le passé mais désormais largement inadaptées aux nouvelles formes du capitalisme redéployé. Cette crise, Eve Chiapello et Luc Boltanski, sociologues, l’analysent à la racine. Ils tracent les contours du nouvel esprit du capitalisme à partir d’une analyse inédite des textes de management qui ont nourri la pensée du patronat, irrigué les nouveaux modes d’organisation des entreprises : dès le milieu des années 70, le capitalisme renonce au principe fordiste de l’organisation hiérarchique du travail pour développer une nouvelle organisation en réseau, fondée sur l’initiative des acteurs et l’autonomie relative de leur travail, mais au prix de leur sécurité matérielle et psychologique. Ce nouvel esprit du capitalisme a triomphé grâce à la formidable récupération de la « critique artiste » - celle qui, après Mai 68, n’avait eu de cesse de dénoncer l’aliénation de la vie quotidienne par l’alliance du Capital et de la bureaucratie. Une récupération qui a tué la « critique artiste ». Comme, dans le même temps, la « critique sociale » manquait le tournant du néocapitalisme et demeurait rivée aux vieux schémas de la production hiérarchisée, on la trouva fort démunie lorsque l’hiver de la crise fut venu. C’est à une relance des deux critiques complémentaires du capitalisme qu’invite cet ouvrage sans équivalent. (4e de couverture)


Hernando de Soto, Le Mystère du capital. Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs ? Flammarion, 2005 (éd. originale, 2000).

Les pauvres du tiers monde sont plus riches qu’on ne le croit. Mais, explique De Soto, ces biens constituent un « capital mort », et ce à cause de l’inadaptation du système juridique de la propriété. Tel homme possédera, par exemple, une maison, mais faute d’un titre de propriété officiel, il ne pourra s’en servira pour emprunter et développer une entreprise... Comme les processus administratifs sont très lourds (ex. péruvien : 300 jours, à raison de 6h/j, pour obtenir les documents officiels rendant légale une fabrique textile équipée de deux machines à coudre ;..), les populations n’ont d’autre choix que de gonfler les rangs du secteur extralégal (qui regroupe entre 50 et 75 % de la main d’oeuvre) - on imagine le coût humain et social de ce phénomène. Il faut donc mettre au point des processus de légalisation massive, en s’appuyant sur les règles consensuelles des clandestins eux-mêmes, pour savoir qui peut légitimement se dire propriétaire de quoi. Ce qui revient aussi à imiter ce qu’ont fait les pays occidentaux au cours des siècles passés, notamment les Etats-Unis en régularisant la situation de millions de pionniers pour se transformer en une économie moderne. (4e de couverture).


Patrick Artus et Marie-Paule Virard, Le capitalisme est en train de s’autodétruire, La Découverte, 2005.

Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire ? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires... Alors que la croissance économique - en Europe en tout cas - stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses. Dans ce livre décapant et remarquable de clarté, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe : c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir. Et face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales.



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