Institut de recherches et de prospective postales

Google : web site

Parcours : Accueil du site > Le monde en 2020 ? > Facteurs critiques > Représentations > Sciences > Présentation d’ouvrages

Irepp. Bibliographie. Sciences et techniques

Présentation d’ouvrages

Le monde sous l’emprise des technosciences

par : Paul Soriano

 

Diu, Bernard, Traité de physique à l’usage des profanes, Odile Jacob, 2000.

Qui n’a souhaité pouvoir comprendre la physique ? Qui n’a été rebuté, sinon découragé, par l’arsenal de formules inextricables ? Ainsi s’est creusé chaque jour davantage le fossé entre les deux cultures, la littéraire et la scientifique, l’une ignorant le monde, l’autre négligeant l’homme. En écrivant ce traité de physique pour les profanes, lui qui en a tant écrit pour les spécialistes, Bernard Diu contribue à combler ce fossé. De la science classique à la théorie quantique, il explique comment les physiciens ont écrit le récit de la nature, en se décourageant parfois, en se trompant beaucoup, mais en reprenant toujours le fil. Bernard Diu, ancien élève de l’École normale supérieure, est professeur de physique théorique à Paris-VII (4e de couverture).


Rossi, Paolo, La Naissance de la science moderne en Europe, Seuil, 1999.

Copernic était polonais, Bacon, Harvey, Newton étaient anglais, Descartes, Fermat et Pascal français, Tycho Brahé danois, Paracelse, Kepler et Leibniz allemands, Huygens hollandais, Galilée, Torricelli, Malpighi italiens. Aucun n’a travaillé dans la quiétude des campus, et leur monde était radicalement différent du nôtre, où convergeaient des perspectives qui nous paraissent aujourd’hui inconciliables. Ils sont pourtant les pères fondateurs de la science moderne, à laquelle ils ont donné ses caractères fondamentaux, et leur entreprise est devenue une très puissante force unificatrice du monde. (4e de couverture).


Lurçat, François, De la science à l’ignorance, Le Rocher, 2003.

Pourquoi le mode de pensée des savants est-il si souvent totalitaire ? Pourquoi cette rage de réduire la diversité du monde et de la vie à un principe unique ? La science nous oblige-t-elle vraiment à nous « affranchir » de la culture héritée du passé, à voir l’être humain comme un simple « paquet de neurones » ou comme un singe sans fourrure ? Le physicien François Lurçat ne renie pas la science, il en parle avec une passion qui rend lisible et même intéressante l’histoire de la physique telle qu’il la retrace brièvement. La physique apparaît ici comme un témoin, cité pour répondre à la question : pourquoi la culture occidentale fait-elle un si mauvais usage de la science qu’elle a créée ? Le présent essai replonge l’histoire de la science dans l’histoire de l’Occident depuis Galilée. Le projet scientifique tel que le formulait Descartes voulait rendre l’homme « comme maître et possesseur de la nature ». Nous savons aujourd’hui que la maîtrise est impossible : les énergies des phénomènes naturels sont bien trop grandes pour cela. Mais la folle ambition de dominer les phénomènes naturels et l’histoire humaine subsiste, et nous subissons les ravages qu’elle produit. L’auteur est convaincu que le projet totalisant est absurde et néfaste, mais aussi que les acquis rationnels des sciences authentiques sont précieux. Il propose de rompre avec le projet pour sauver les acquis. L’auteur vu par l’éditeur

François Lurçat est professeur émérite à l’université de Paris Sud (Orsay). Chercheur en physique, il s’attache à rendre intelligibles certains acquis récents (Le Chaos, coll. « Que sais-je ? », rééd. 2002), mais s’interroge aussi sur les effets culturels des sciences, auxquels il a déjà consacré deux livres : L’Autorité de la science (1995) et La Science suicidaire (1999). (4e de couverture).


Rey, Olivier, Itinéraire de l’égarement. Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine, Seuil. 2003.

On pourrait imaginer comme sous-titre ou comme « bande » de ce livre : comment a-t-on pu se tromper sur la science ? Un point de vue scientifique sur les dérives scientistes contemporaines. Une analyse critique sur les pouvoirs de la réflexion scientifique mais aussi sur les limites. Une quête sur l’origine et la genèse d’un « égarement » qui nous a conduit à placer progressivement tous nos espoirs dans une « rationalité » scientifique qui, malgré ses mérites et ses succès, se révèle incapable donner sens à nos vies. Outre son érudition philosophique et la clarté lumineuse de son écriture, l’intérêt du travail d’Olivier Rey est qu’il est emblématique d’une approche décomplexée, propre à certains jeunes chercheurs d’aujourd’hui. Il est aussi, de ce point de vue, le « manifeste critique » d’une toute nouvelle génération (de « trentenaires »), déjà de plein pied dans la modernité du XXIe siècle et qui est paisiblement en rupture avec les vieilles problématiques du passé. Il s’agit de répondre à cette question très simple dans son principe : comment la pensée européenne a-t-elle choisi, en quatre siècles, une option résolument rationaliste et scientifique ? Où se sont situés, sur le plan philosophique, les « embranchements principaux » ? Pourquoi a-t-on choisi telle voie et non telle autre ? De Pascal à Rousseau, de Descartes à l’Encyclopédie, du Comtisme à l’Homme neuronal de Jean-Pierre Changeux, l’auteur nous propose une étincelante rétrospective sur les fondements de la pensée occidentale. « Pourquoi, demande-t-il, certains biologistes tiennent si fort à ce que l’homme soit une machine à survie pour ses gènes, ou une machine neuronale ? Quels sont les rapports ambigus entre l‘individu autonome, libre, et la pensée objectivante qui nie son autonomie et sa liberté ? A quelle aspiration commune répondent l’amour-passion et la science, les deux grandes affaires de l’Occident ? »

Professeur de mathématiques à l’école polytechnique, Olivier Rey est aussi chercheur en mathématiques au CNRS.


Bénichou, Grégory, Le Chiffre de la vie, Seuil, 2002.

Ce livre propose une réflexion critique sur ce qui constitue le coeur même de la « révolution génétique » : la découverte du génome et le concept de « programme » génétique. Que signifie et qu’implique la métaphore du « programme » ? Si le concept de « message » ou de « langage » triomphe aujourd’hui dans les sciences de la vie, quelle conclusion peut-on tirer de cette idée d’une « parole cachée au coeur des êtres » ? De quelle façon, en d’autres termes, les formulations de la rhétorique génétique remettent-elles en question notre perception du concept d’homme ou d’humanité ? Grégory Bénichou confronte le discours technoscientifique contemporain et certains théoriciens de la génétique avec une rigueur critique impressionnante et la volonté, maintes fois réaffirmée, de combattre les formes nouvelles de domination et les rhétoriques fallacieuses d’un « biopouvoir » émergeant. À mille lieues de tout obscurantisme, cet essai plaide pour une lecture critique du progrès.

Grégory Bénichou enseigne la philosophie à l’École Supérieure de Commerce (ESSEC) de Cergy-Pontoise. (4e de couverture).


Rabischong, Pierre, Le programme Homme, PUF. 2003.

La question des origines de l’homme et de son devenir après la mort est la seule importante que se posent, un jour ou l’autre, tous les humains. Les éléments de réponse oscillent entre deux groupes de théories : la biogenèse dirigée ou la biogenèse spontanée. En d’autres termes, la question est de savoir si le système vivant, que nous connaissons de mieux en mieux, s’est fait tout seul ou s’il a été initié et construit. La description des grandes fonctions qui font l’homme biologique (la mobilité, la communication, la maintenance biologique et le kit de survie) ainsi que l’analyse technique de quelques bioprogrammes spectaculaires (moustique, homard, coquillages, cactus, caméléon) donnent à penser que le système de la vie n’a pas pu émerger et se poursuivre dans cette étonnante biodiversité sans qu’il existe un programme. Le programmisme se veut une approche nouvelle, appelée selon l’auteur, à se substituer à la conception darwinienne basée sur la filiation des différentes espèces, évoluant par des mutations aléatoires de la bactérie à l’homme. Ce livre ne manquera pas de susciter un très vif débat.

Pierre Rabischong est professeur émérite et doyen honoraire de la Faculté de Médecine de Montpellier. Il a dirigé l’Unité 103 de l’INSERM consacrée à la biomécanique et à son application au handicap moteur. Coordinateur du projet européen SUAW, « Lève-toi et marche », il est vice-président de l’Académie mondiale des technologies biomédicales à l’Unesco. (4e de couverture).




Suivre la vie du site | SPIP | | Add to Google