Institut de recherches et de prospective postales

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Irepp. Bibliographie.

Présentation d’ouvrages

par : Paul Soriano

 

Olivier Germain-Thomas, Un matin à Byblos, Le Rocher, 2005.

Il existe une ville dont le nom est Livre. Sait-on pourquoi ? Nous avions même perdu sa trace. Elle ressemble à un mille-feuille et elle est, dit-on, la plus vieille cité du monde. Chacune de ses couches en cache une autre. Entre la préhistoire et les matins d’aujourd’hui, Byblos la Phénicienne a gardé des fragments égyptiens, assyriens, babyloniens, perses, grecs, romains, byzantins, arabes, francs... Le premier témoignage de notre écriture provient du sarcophage d’un roi de Byblos. Pour passer du phénicien au grec, il a suffi d’un demi-tour et dequelques voyelles ; du grec à l’écriture latine, de rapides coups de serpe. Se promener sur le tertre de Byblos entre la mer et la montagne du Liban invite à la méditation. C’est ainsi que j’ai convié dans ce petit livre rien de moins que l’Histoire et les écritures, le Temps et l’Amour, Isis et la Bible. J’y ai rencontré une Arabe et deux Chinois, j’y ai ajouté des propos courroucés sur la langue française et l’Europe, laquelle fut enlevée par Zeus près de Byblos. L’ensemble peut paraître décousu. C’est ma manière. J’aime assembler des éléments qui n’ont pas l’habitude de convoler. Il y a des airs qui rendent la connaissance ludique. Et comme épices : de l’humour. Le matin a vagabondé jusqu’à la nuit sur les ruines. Une intelligence est pauvre si elle n’est éclairée par la nuit. Les étoiles auront le dernier mot, à moins que ce ne soit le vin du Château Ksara... (4e de couverture).


Roger Chartier, Le Livre en révolutions, Textuel, 1997.

Le livre à l’ère des médias électronique ? Historien du livre, Roger Chartier suggère des réponses, éclairées par des références historiques sur les précédentes révolutions du livre.


Marcel Cohen et Jérôme Peignot
Histoire et art de l’écriture, Robert Laffont, « Bouquins », 2005.

Les amoureux des alphabets, pictogrammes, idéogrammes et calligrammes retrouveront le peuple immense des LETTRES dans cette somme qui rassemble le corps et l’esprit des écritures. Quelque quatre cents écritures, vecteurs d’environ six mille langues et/ou dialectes, sont resituées dans leurs origines, leur histoire et leur contexte. Deux guides, Marcel Cohen, linguiste émérite, et Jérôme Peignot, artiste fervent de la langue, de la typographie et de la calligraphie, transforment, grâce à la complicité de la science et de l’art, ce labyrinthe des réalisations graphiques en une Maison des Écritures, véritable « Babel heureuse ». Ils nous rappellent au fil d’un vaste répertoire que l’imprimerie aussi a ses inventeurs et ses poètes.

Mais si l’Histoire commence avec l’Écriture, avec chaque écriture commence une nouvelle histoire. Ainsi, en s’écrivant, chaque culture se peint, chaque peuple s’engage en lui-même. Pour saisir dans toutes ses dimensions physiques, culturelles et psychologiques ce phénomène incomparable, de grands penseurs - Jacques Gernet, Jean Filliozat, Alfred Métraux et beaucoup d’autres - s’attachent, de manière vivante et accessible, à répondre, de l’intérieur de leur culture d’adoption, à la question universelle et cruciale soulevée par Marcel Cohen : Que disent les lettres, littéralement, sur l’âme d’une nation ? Pascal Charvet (4e de couverture).


Sous la dir. de Jean-Marie Hombert
Aux origines des langues et du langage, Fayard, 2005.

Lorsqu’en 1866 les vénérables membres de la Société linguistique de Paris décidèrent d’exclure de leurs débats la problématique de l’origine du langage, nul n’aurait pu prévoir que cette question allait susciter tant de passions plus d’un siècle plus tard. Aujourd’hui, les linguistes mais aussi les anthropologues, les psychologues, les archéologues, les neurologues et les généticiens croisent leurs regards et parfois leurs fers, éclairant d’un jour nouveau cette interrogation ancienne. D’où vient le langage, cette faculté qui fait l’homme et nous distingue du règne animal ? Quels sont les mécanismes qui la sous-tendent et quelle est sa finalité ? Quel fut, parmi les premiers hommes, celui qui énonça le premier mot ? Par quel miracle la parole vient-elle à nos enfants ? Au-delà de la problématique du langage, c’est celle des langues d’aujourd’hui qui est abordée. Comment en est-on arrivé aux 6 000 langues actuellement parlées à travers le monde ? Pourquoi près de la moitié d’entre elles sont-elles en voie d’extinction ? Quel processus complexe a donné naissance aux créoles, les langues naturelles dont l’émergence est la plus récente ? A la lumière des dernières découvertes et des derniers travaux, cet ouvrage tente à son tour de répondre à ces différentes préoccupations. A travers les tentatives de reconstruction d’un protolangage, la quête lancinante de notre langue mère ou celle, utopique, de la langue parfaite, il poursuit une exploration débutée avec la publication des Origines de l’humanité. Celle de l’homme, de son mystère, de son essence. (Quatrième de couverture).


Sous la dir. de Daniel Fabre Par écrit. Ethnologie des écritures quotidiennnes, Ed. de la Maison des sciences de l’homme et Ministère de la Culture (Mission du patrimoine ethnologique), Paris, 1997.

Lettres, papiers administratifs, brouillons, listes, journaux intimes... autant de formes de ce qu’il est convenu d’appeler des écritures ordinaire... Ecrire au quotidien, écrire le quotidien : seize terrains d’écriture sont analysés dans cet ouvrage collectif.


Geneviève Haroche-Bouzinac, L’épistolaire, Hachette, « Contours littéraires », 1995.

A partir d’une réflexion sur la lecture de la lettre, l’ouvrage se propose de redonner au genre épistolaire sa place dans l’histoire et de présenter la diversité de ses formes. La lettre est un objet qui doit sans cesse reconquérir son statut littéraire. « Discours des absents », elle établit sa propre temporalité et place sa rhétorique au service d’une stratégie. Est-elle un moyen d’effacer la distance ou de tenir à distance l’autre, le destinataire idéal avec lequel s’est établi un contrat épistolaire ? Tendue vers ce destinataire, la lettre participe également à l’édification d’une image de soi : « miroir de l’âme », elle renvoie l’épistolier à lui-même. Accompagnatrice de l’oeuvre, il lui arrive d’entrer en concurrence avec elle. Aussi entretient-elle avec la fiction des rapports complexes, tantôt mystificatrice pour transformer le réel, tantôt instrument d’un récit romanesque, tantôt actrice principale du roman épistolaire. (Texte de présentation sur le site Amazon.com)


Brigitte Diaz, L’Epistolaire ou la pensée nomade, PUF, 2002.

- Analyse de l’ouvrage sur le site fabula.org

Les correspondances sont des objets littéraires flous. Incapables d’assigner une essence stable à ce genre hybride, les théories de l’épistolaire qui se sont succédé ont essayé de le circonscrire dans des territoires clos : le mondain, l’intime, l’autobiographique...
Les correspondances dont il est question ici ébranlent ces paradigmes réducteurs. Elles montrent que la lettre a été au XIXe siècle le médium de prédilection de ce qu’on appellera ici une pensée nomade - pensée de soi, de la cité ou de la littérature. Invitation à l’écriture de soi comme à l’essai ou au débat théorique, la lettre, qui croise l’espace littéraire sans jamais s’y fondre, a également contribué à repenser la notion même de littérature. Pour les écrivains épistoliers ici envisagés - Mme Roland, Stendhal, George Sand... -, l’entretien épistolaire a été un passeport ouvrant à d’infinis pérégrinations intellectuelles. Bousculant les usages ordinaires de la correspondance, ils en ont inventé d’autres, passant ainsi de l’écriture de la lettre à l’écriture de l’œuvre, et de l’œuvre de mots à l’œuvre de soi. (4e de couverture).

Table des matières :
- I- Pour une brève histoire de la lettre
- II- Correspondance et genèses
- III- La lettre : du lieu commun au verbe singulier
- IV- Correspondance et écriture de soi
- V- Epistolaire et identité féminine
- VI- L’épistolaire, seuil du littéraire ?

Brigitte Diaz est professeur de littérature française à l’Université de Caen.



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