Il est néanmoins utile de tracer un portrait d’ensemble de ces évolutions. On peut alors voir se dégager des cohérences, des convergences ou, au contraire, des blocages et des tensions. Les directions peuvent se ressembler et les rythmes différer ; des seuils se passent localement, qui peuvent transformer le statut d’une technologie (par exemple lorsque les moyens de stockage deviennent capable d’archiver la totalité des images et des interactions d’une vie) ; ailleurs, la progression d’une technique doit en attendre une autre (par exemple, beaucoup de technologies mobiles et ambiantes ont besoin de nouvelles batteries). Les petits pas des uns et des autres finissent par faire système et la manière dont se réalise cet assemblage devient elle-même une question ouverte à la recherche et à l’innovation.
La vision sur laquelle s’est bâti l’univers des TIC et des réseaux tel que nous le connaissons correspond de moins en moins à celle qui émerge, encore toute brouillée, des laboratoires. Les distinctions auxquelles nous étions habituées, autour desquelles tout un imaginaire s’est construit, perdent de leur sens : réel/virtuel, fixe/mobile, humain/automatique... L’omniprésence des technologies (désormais « ambiantes », comme l’air) en change le statut et l’usage et se conjugue avec une remise en cause de leur potentiel d’« intelligence ». On peut dire qu’en se fondant dans notre quotidien, notre environnement, notre corps, la technologie perd de sa spécificité et gagne en proximité. Son potentiel de transformation s’accroît, et les risques avec. Dans le même temps, des domaines tels que les nanotechnologies ou la robotique sortent des laboratoires et ouvrent grand l’univers des possibles - et des interrogations.
Synthèse à l’horizon 2010
Le courant informationnel
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