Les époques « verticales », pieuses et réalistes, aristotéliciennes ou thomistes, s’offrent à la paranoïa, face à la dette insolvable et à la culpabilité qui en résulte.
A la mort du grand créancier, l’ego transcendantal prend la tangente dans un délire construit, un « grand récit » idéologique : idéalisme schizophrénique du monde comme volonté et comme représentation.
Au-delà, la crise d’identité adopte la tournure plus chaotique de l’hystérie, que Lacan assimilait à une quête de maîtres en vue de s’en libérer (ce qui correspond assez bien aux revendications actuelles les plus courantes). Le règlement de la dette est ainsi indéfiniment reporté, ce qui fait toute la « différance ».
L’obsessionnel s’épuise à fixer le réel fuyant dans la répétition rituelle.
Mais le stade ultime, que nous sommes en train d’aborder, sera cyclothymique, maniaco-dépressif, faute de maîtres concevables, même fantasmés. Incompatible avec toute pensée : le maniaque exulte plutôt que de lire Onfray, le déprimé broie du noir plutôt que des concepts, l’un et l’autre, le même, hébétés. C’est donc plutôt dans la littérature ou à la télévision, qu’il faut en chercher l’expression. Dans la publicité surtout, qui fait alterner à haute fréquence le manque et l’assouvissement.

