Sans frontières
De toutes les tendances lourdes qui se dessinent dans le monde d’aujourd’hui, la mise en cause des frontières est l’une des plus saisissantes.
Frontières politiques dans un monde global.
Frontières de l’entreprise externalisée ou des institutions « en réseau ».
Frontières temporelles entre les âges et les moments de la vie.
Frontières qui séparent le public et la scène dans la société du spectacle.
Frontières entre les sexes, voire les espèces.
Frontière de l’ego sur le marché identitaire.
Frontières formelles de l’œuvre d’art...
Le monde tend à la fluidité généralisée dont le « réseau » est l’instrument. Mais peut-on vraiment vivre en extase dans un monde sans frontières, quand la déliquescence de ce qui sépare invalide du même coup ce qui relie ?
Sans liens
« ... l’homme contemporain n’est pas “sans qualités”, il est devenu “sans liens”. Cette “dé-liaison” peut être vue comme une libération (“soyez libre”, “sans attaches”, c’est le slogan, l’éthique préfabriquée vendue par tous les publicitaires), mais c’est aussi le danger de la solitude et de la déréliction. » (Zygmunt Bauman, L’Amour liquide, bibliographie)
Obsolescence accélérée
« Désormais parvenus aux rives du monde globalisé, nous n’avons plus d’instruments pour en explorer la complexité. Car la mondialisation a produit un territoire entièrement nouveau où nous vieux instruments de navigation sont devenus obsolètes. » (...) « Nous vivons dans l’éphémère, l’obsolescence accélérée, le caprice subjectif, comme si les valeurs les plus sacrées, devenues sans fondement, pouvaient entrer dans le grand marché des valeurs mobilières et flotter à leur tour » (Jérôme Bindé, directeur de la prospective à l’Unesco)
UNESCO. « Entretiens du XXIe siècle ». Où vont les valeurs ? Albin Michel, 2004. Préface de Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’Unesco.
Politique : un lien hybride ?
Volontaire, donc incertain, le lien politique est hybride : pour définir la nation, la collectivité politique, on use tantôt d’un terme à connotation communautaire (la « communauté nationale »), tantôt d’un terme à connotation économique (le « contrat social »).
Affranchis
Positivement, on dira que le marché à contribué à « affranchir » ou à « émanciper » les individus des liens communautaires. Négativement, que le tout-marché détruit les ensembles politiques et les communautés (c’est le « marchandisation de l’existence »).
Liberté, égalité, fraternité
Notre triptyque républicain se réfère aussi aux trois formes de lien dont il exprime le « défi » : la liberté, c’est le défi du politique ; l’égalité, le défi de l’économique ; et la fraternité, le défi du communautaire.
Divers...
Au type de lien social sont associés des « services » (marchands, publics, communautaires) ainsi que des modes de régulation.
Certains auteurs considèrent qu’une entreprise n’est rien d’autre qu’un « nœud de contrats », voir Ronald Coase, coûts de transaction.
