Attentifs à la libre circulation des flux (produits, services, capitaux, personnes...) les opérateurs globaux ne voient dans les territoires et leurs habitants que des « nœuds de valeur » (Castells) ou des obstacles, physiques, culturels ou politiques à la libre circulation des biens. Mais les territoires sont aussi des lieux de vie, aménagés au cours du temps, et peuplés d’habitants plus ou moins requis, plus ou moins rétifs, aux impératifs de la globalisation.
Ce sont précisément les trois dimensions du territoire, considérées comme des obstacles, que la globalisation franchit ou contourne, cela de manière exemplaire dans le scénario tendanciel.
Qu’il s’agisse de communiquer, vendre, produire ou distribuer, la globalisation ne veut voir qu’un seul marché, par-delà les distances, les particularismes et les règles susceptibles d’entraver la libre circulation de tous les types de « biens » (la fluidité spécifique varie sensiblement suivant les types de biens considérés : information, capitaux financiers, produits, équipements industriels, personnes). Elle ne s’oppose pas à la personnalisation de la « relation-client », bien au contraire, dès lors que plus rien ne s’interpose entre l’entreprise et chacun de ses clients, one to one.
Du point de vue de la globalisation extensive, les territoires sont donc des nœuds de valeur dans les chaînes de valeurs, localisables, délocalisables et relocalisables à merci. Les territoires sont mis en concurrence.
Du point de vue de la globalisation intensive, les territoires sont des marchés.
Les facteurs critiques, facteurs d’incertitude et autres risques se projettent en quelque sorte sur les territoires habités, à tous les échelons territoriaux, de moins en moins enclavés (abrités ?) par des frontières de toute nature... Bien entendu, les réactions du territoire à ces différents facteurs diffèrent selon ses caractéristiques propres, son profil territorial.
Dans le monde global, structuré par les réseaux, le lien social connaît des transformations, notamment en ce qui concerne les territoires de solidarité, entre « global » et « local », en passant par les échelons intermédiaires que sont les grandes région du monde (Europe, Amériques, Asie, Afrique...) et les nations (la « société des nations »).
La plupart des observateurs constatent que la globalisation est fortement polarisée, comme le suggère le néologisme « glocal » (pour global-local) : c’est en effet au niveau des « nœuds de valeur » et « lieux de vie », selon leur profil démographique, économique, social et culturel, qu’il convient d’apprécier comment les territoires sont affectés et tirent parti des évolutions mentionnées.
Une approche selon les trois dimensions territoire-réseaux-services est particulièrement pertinente pour analyser le devenir des Postes. A l’échéance retenue, quelques opérateurs seront devenus des opérateurs globaux ; d’autres se concentreront sur le leur territoire national historique, ayant, le cas échéant, perdu leur indépendance ; d’autres enfin, seuls ou en partenariat, ou encore par croissance externe, couvriront des territoires plus ou moins étendus selon leurs différents métiers.
La configuration du monde en 2020 peut être représentée à travers cinq scénarios prospectifs précisément fondés sur la notion de territoires pertinents, à partir d’un scénario tendanciel global, marchand, prospectif.
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